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	<title>P&#244;le InPact</title>
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	<description>P&#244;le InPact, Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale.
D&#233;mocratie alimentaire et agricole, installation et transmission, agriculture paysanne et durable, formation et accompagnement des acteurs agricoles et agri-ruraux.</description>
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		<title>P&#244;le InPact</title>
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		<title>Cultiver les communs</title>
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		<dc:date>2023-10-18T07:38:51Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Tanguy Martin a pr&#233;sent&#233; son livre Cultiver les communs. Une sortie du capitalisme par la terre (Syllepse, 2023) le 14 septembre &#224; Paris, avec les admin du P&#244;le InPact. Vous pouvez retrouver ici la captation sonore de cette pr&#233;sentation, au cours de laquelle Tanguy montre le r&#244;le central de l'appropriation de la terre dans l'&#233;mergence du capitalisme et son r&#244;le tout aussi important dans sa perp&#233;tuation. C'est &#224; cela que s'attaquent aujourd'hui les mouvements sociaux inspir&#233;s des th&#233;ories des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/une-cultiver-les-communs800-2-a143d.jpg?1772553264' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tanguy Martin a pr&#233;sent&#233; son livre &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/cultiver-les-communs-_r_21_i_1042.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cultiver les communs. Une sortie du capitalisme par la terre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (Syllepse, 2023) le 14 septembre &#224; Paris, avec les admin du P&#244;le InPact. Vous pouvez retrouver ici &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/tanguy-martin-cultiver-les-communs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la captation sonore de cette pr&#233;sentation&lt;/a&gt;, au cours de laquelle Tanguy montre le r&#244;le central de l'appropriation de la terre dans l'&#233;mergence du capitalisme et son r&#244;le tout aussi important dans sa perp&#233;tuation. C'est &#224; cela que s'attaquent aujourd'hui les mouvements sociaux inspir&#233;s des th&#233;ories des communs pour mettre en &#339;uvre une sortie du capitalisme par la terre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Repeindre en vert pour verrouiller l'avenir</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/Repeindre-en-vert-pour-verrouiller-l-avenir</link>
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		<dc:date>2023-03-01T16:00:15Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Lundi 14 novembre 2022 avec &#200;ve Fouilleux &lt;br class='autobr' /&gt;
&#200;ve Fouilleux est agronome de formation, sp&#233;cialis&#233;e en &#233;conomie, docteure en sciences politiques. Directrice de recherches au CNRS elle est membre du LISIS et chercheure associ&#233;e au Cirad. Elle travaille sur la fabrication des politiques publiques agricoles et alimentaires fran&#231;aises, europ&#233;ennes et dans le reste du monde, en particulier en Afrique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment les id&#233;es cheminent-elles entre la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale et les politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/149289_couverture_hres_0_2_-2-839e5.jpg?1772553265' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lundi 14 novembre 2022 avec &#200;ve Fouilleux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#200;ve Fouilleux est agronome de formation, sp&#233;cialis&#233;e en &#233;conomie, docteure en sciences politiques. Directrice de recherches au CNRS elle est membre du LISIS et chercheure associ&#233;e au Cirad. Elle travaille sur la fabrication des politiques publiques agricoles et alimentaires fran&#231;aises, europ&#233;ennes et dans le reste du monde, en particulier en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les id&#233;es cheminent-elles entre la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale et les politiques publiques cens&#233;es r&#233;soudre les probl&#232;mes de la r&#233;alit&#233; ? C'est un ensemble de d&#233;bats qui sont &#224; l'&#339;uvre et un processus de s&#233;lection progressif des id&#233;es est &#224; l'&#339;uvre entre la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est interpr&#233;t&#233;e dans ces diff&#233;rents d&#233;bats et la d&#233;finition des politiques publiques. C'est l'objet de ses travaux. Le greenwashing est au c&#339;ur de cette probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;sentation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre invitation est motiv&#233;e par un article d'&#200;ve Fouilleux dans le livre &lt;i&gt;Greenwashing &lt;/i&gt; (Seuil, 2022) : &#171; Agriculture durable. Comment la nocivit&#233; de l'agriculture industrielle est-elle dissimul&#233;e ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le RAD et aujourd'hui le R&#233;seau Civam mis &#224; part, beaucoup d'acteurs se sont saisis de cette expression (&#171; agriculture durable &#187;) sans vis&#233;e transformative de l'agriculture. Le greenwashing consiste &#224; repeindre en vert sans changer radicalement le syst&#232;me agricole pour donner l'illusion d'un changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans quels espaces se n&#233;gocient les politiques agricoles ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re politique au sens large, il y a d'un c&#244;t&#233; un d&#233;bat public et m&#233;diatique tr&#232;s ouvert et de l'autre des politiques publiques agricoles et alimentaires. Entre les deux, un espace de n&#233;gociation o&#249; beaucoup moins d'options sont en d&#233;bat, o&#249; beaucoup moins d'acteurs sont autoris&#233;s que dans le d&#233;bat public. Ce d&#233;bat moins ouvert, qui contribue &#224; la fabrication de d&#233;cisions, est de plus construit dans un cadre de contraintes internationales et nationales (OMC, droit de la concurrence, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a droit &#224; participer au d&#233;bat ? Quels outils de mesure (m&#233;triques) sont utilis&#233;s (ex. du calcul de la quantit&#233; de pesticides r&#233;pandus, du PIB : en fonction du type de m&#233;triques retenues, on ne parle pas de la m&#234;me chose) pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233;, &#224; l'instigation de quels acteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs qui alimentent le d&#233;bat sont pluriels, et parfois en concurrence :&lt;br&gt; &#8226; la profession ;&lt;br&gt; &#8226; les scientifiques, en concurrence avec les autres types d'acteurs et entre eux (clivages entre disciplines scientifiques) ;&lt;br&gt; &#8226; la soci&#233;t&#233; civile (avec des postures tr&#232;s diverses entre types d'ONG) ;&lt;br&gt; &#8226; les entreprises d'amont et d'aval.&lt;br&gt;
Ces acteurs ont des capacit&#233;s diff&#233;rentes : ressources diff&#233;rentes (financi&#232;res, humaines, culturelles, linguistiques, ex. des producteurs de palme indon&#233;siens priv&#233;s de traduction), capacit&#233; &#224; cr&#233;er du rapport de force, &#224; forger des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat de politiques publiques renvoie &#224; de nombreuses r&#232;gles du jeu (qui est invit&#233; au d&#233;bat, qui ne l'est pas, comment les discussions sont organis&#233;es, comment les d&#233;cisions sont prises &#224; partir de ces discussions, r&#232;gles de vote le cas &#233;ch&#233;ant).&lt;br&gt;
Certains instruments de politique publique s'ancrent tellement qu'ils deviennent eux-m&#234;mes le cadre de la discussion : il y a l&#224; un effet de r&#233;troaction institutionnel (exemple des prix garantis dans les ann&#233;es 1990, il semblait impossible de penser hors de ce cadre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement des politiques publiques marque l'aboutissement d'une mise en controverse, de mobilisations et de contre-feux, de la construction des rapports de force. Ce sont ces dynamiques qu'&#200;ve Fouilleux essaie d'&#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exemples de verdissement peu efficace de l'agriculture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques publiques nationales et europ&#233;ennes ont une grande inertie. Dans les ann&#233;es 2000, les questions environnementales se sont affirm&#233;es (voir Matthieu Ansaloni sur l'environnementalisation de la PAC). Ces questions avaient &#233;merg&#233; avant, dans les ann&#233;es 1970-80, mais n'&#233;taient pas audibles. 1987 : premiers instruments agri-environnementaux ; 1992 : mesures agri-environnementales &#224; 0,03 % du budget. L'apparition des deux piliers de la PAC en 1999 avec l'Agenda 2000 (premi&#232;re r&#233;forme suite &#224; la r&#233;forme Mac Sharry de 1992 qui a introduit la baisse des prix garantis compens&#233;e par des aides directes) acte la prise en compte de crit&#232;res environnementaux. Le premier comprend les mesures de soutien au march&#233; et le second les mesures dites &#171; de d&#233;veloppement rural &#187;, incluant des mesures environnementales et sociales. Avec les paiements directs qui remplacent les prix garantis se pose la question de la l&#233;gitimit&#233; de ces paiements au regard de l'impact &#233;cologique des pratiques. Progressivement l'id&#233;e de recoupler les paiements directs &#224; des crit&#232;res environnementaux s'est affirm&#233;e dans les d&#233;cennies suivantes, passant de la simple conformit&#233; avec la loi (directives nitrates, oiseaux, etc.), &#224; des mesures de progressivement plus affirm&#233;es mais gu&#232;re plus exigeantes comme les paiements verts ou les &#233;cor&#233;gimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, sur le budget total de la PAC, seuls 27,3 % du budget (21 % sur le 1er pilier et 6,3 % sur le second) sont cens&#233;s correspondre &#224; encourager des actions favorables &#224; l'environnement (greening), mais en r&#233;alit&#233; seuls 9,3 % (dont 3 % sur le premier pilier et 6.3 % sur le second) sont r&#233;ellement efficaces de ce point de vue. Moins de 10 % du budget de la PAC va donc vers une r&#233;elle am&#233;lioration de l'&#233;tat de l'environnement (donn&#233;es de 2019, extraites de &lt;a href=&#034;https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/pan3.10080&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pe'er et al.&lt;/a&gt;) C'est un verdissement dans le discours mais pas dans la r&#233;alit&#233; effective des instruments de la PAC. Les PSN (plans strat&#233;giques nationaux qui mettent en &#339;uvre par les &#201;tats membres la politique europ&#233;enne), dont en particulier le PSN fran&#231;ais, maltraitent les questions environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau national, la situation n'est gu&#232;re plus reluisante. &#192; quelles politiques ont donn&#233; lieu les annonces volontaristes du ministre St&#233;phane Le Foll (2012-2017) sur l'agro&#233;cologie ? Les r&#233;sultats de ce quinquennat sont les PAT (non pr&#233;vus initialement puisque r&#233;sultant d'un amendement d'une d&#233;put&#233;e EELV) et les GIEE (groupes d'agri pour &#233;changer sur des techniques), soit deux politiques de labellisation mobilisant de tr&#232;s petits budgets. Dans la promotion de son projet agro&#233;cologique, Le Foll a m&#234;me d&#233;daign&#233; la bio au profit de l'ACS (agriculture de conservation des sols). Un bilan donc plut&#244;t faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Egalim part d'une promesse de campagne de 2017 qui r&#233;pond aux aspirations des gens, s'ensuit une grande concertation qui a impressionn&#233; pour son &#233;coute des opinions divergentes mais au final la loi est tr&#232;s modeste. La grande distribution a m&#234;me &#233;t&#233; surprise de ne pas devoir faire plus de concessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple encore plus catastrophique : le programme Ecophyto pr&#233;tend apr&#232;s le Grenelle (2007) baisser de moiti&#233; l'usage des pesticides en dix ans, mais quels en ont &#233;t&#233; les r&#233;sultats ? 3 000 fermes de r&#233;f&#233;rence montrent que c'est possible de fa&#231;on assez importante dans de nombreuses cultures quand l'agriculteur est volontaire et accompagn&#233; pour le faire, mais au final au niveau national, + 5 % par an et deux &#233;checs de suite en l'absence de politique contraignante. La seule action, outre le r&#233;seau Dephy, est la formation &#224; l'usage des pesticides (Certiphyto) et tr&#232;s peu des aides fran&#231;aises vont &#224; la r&#233;duction des pesticides (11 % des budgets d&#233;di&#233;s mais 1 % seulement sont efficaces &#8211; voir &lt;a href=&#034;https://www.fnh.org/reduction-des-pesticides-1-des-financements-publics-est-reellement-efficace/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport FNH-le Basic&lt;/a&gt; sur ce sujet). Le plus efficace est la conversion en bio mais l'aide au maintien est supprim&#233;e en 2020. &lt;br&gt;
On risque de voir cet exemple fran&#231;ais se reproduire au niveau europ&#233;en. De la m&#234;me mani&#232;re le Green Deal europ&#233;en promet une baisse de 50 % des pesticides, des engrais de synth&#232;se, et des antibiotiques et +25 % de bio &#224; l'horizon 2030, mais tout semble rassembl&#233; pour s'en tenir au discours. Par exemple, ces objectifs n'ont en aucune fa&#231;on orient&#233; les n&#233;gociations de la derni&#232;re r&#233;forme de la PAC. Se donner des objectifs ne suffit pas, il faut des instruments concrets de politiques publiques pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des pr&#233;occupations environnementales, de multiples contre-feux sont allum&#233;s par divers acteurs qui n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; ce que les choses bougent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gies de l'&#233;lite politique de la profession agricole :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; nier les immenses disparit&#233;s internes au secteur agricole ; faire croire que la profession est unie et qu'elle a toute enti&#232;re les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts ;&lt;br&gt; &#8226; d&#233;fendre des aides uniformes mais in&#233;quitables (prix garantis, aides &#224; l'hectare) sans modulation, refus de la transparence (les donn&#233;es sur les versements ne sont plus publiques) avec l'accord des acteurs majoritaires FNSEA-CNJA et bien que les aides &#224; l'hectare montrent bien l'iniquit&#233; des aides ;&lt;br&gt; &#8226; d&#233;nigrement des alternatives ;&lt;br&gt; &#8226; victimisation du monde agricole dans son ensemble avec la notion d'agribashing (faire croire que les attaques visent tous les agriculteurs indiff&#233;remment) ;&lt;br&gt; &#8226; conventionnalisation des alternatives (c'est &#224; dire la baisse des labels vers un moins disant, ex. du chauffage des serres d&#233;sormais accept&#233; en AB) ;&lt;br&gt; &#8226; incorporation de la critique (d&#233;minage discursif) pour la d&#233;tourner ou la r&#233;cup&#233;rer, par exemple la r&#233;cup&#233;ration des termes de la critique, la mise en &#233;quivalence bon = local, l'agriculture &#171; durable &#187; et l'agro&#233;cologie, la reprise des termes (paysan, agriculture raisonn&#233;e, souverainet&#233; alimentaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois exemples d'incorporation de la critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cup&#233;ration de la notion de paysan, classiquement revendiqu&#233;e par les gauches paysannes (Paysans travailleurs, Conf&#233;d&#233;ration paysanne). Les betteraviers, qui sont les plus riches et favoris&#233;s du monde agricole fran&#231;ais, d&#233;filent &#224; Paris sous la banni&#232;re &#171; Sauve ton paysan &#187; pour d&#233;fendre les n&#233;onicotino&#239;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture raisonn&#233;e est une cr&#233;ation de PPE, le lobby phyto, d&#233;sormais g&#233;r&#233;e par la profession, jusqu'&#224; la reconnaissance d'un r&#233;f&#233;rentiel AR qui propose des labels. C'est un &#233;chec avec tr&#232;s peu d'agri qui suivent mais c'est une victoire dans l'opinion (les boulangers sont fiers d'avoir de la farine AR). M&#234;me strat&#233;gie que la HVE (haute valeur environnementale, labellisation de pratiques globalement peu efficaces). Christiane Lambert, dirigeante de la FNSEA, est une artisane de ces strat&#233;gies, qui ont fait le bonheur de sa carri&#232;re. Il ne s'agit pas d'une prise en compte de la question environnementale mais d'une belle ressource politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire est un droit collectif &#224; la production contre le commerce international mais le notion est reprise, int&#233;gr&#233;e &#224; un projet de &#171; solidarit&#233; &#187; qui consiste &#224; exporter massivement la production fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gies des firmes d'amont et d'aval&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; est tr&#232;s concentr&#233; dans le domaine des engrais, des pesticides, etc. Ces entreprises ont de grandes ressources qui leur permettent d'agir sur le d&#233;bat public, sur les scientifiques, sur les professionnels (voir agriculture raisonn&#233;e) &#224; travers :&lt;br&gt; &#8226; distorsion des controverses scientifiques, strat&#233;gies de fabrique de l'ignorance (St&#233;phane Foucart), influence directe avec auteurs stipendi&#233;s, intimidation de scientifiques ;&lt;br&gt; &#8226; mise en avant de la technologie comme solution d'avenir (exemple de la bio&#233;conomie, r&#233;f&#233;rentiel devenu incontournable suite &#224; l'action d'un lobby) ;&lt;br&gt; &#8226; action sur le d&#233;bat de politique publique : proposer des lieux et temps de d&#233;bat auxquels les d&#233;cideurs publics sont invit&#233;s &#224; d&#233;battre, mais l'agenda construit par eux (Forum for the Future of Agriculture de Syngenta, &#233;v&#233;nement incontournable) ;&lt;br&gt; &#8226; les firmes se font r&#233;gulatrices, fabriquent des politiques priv&#233;es avec l'industrie (amont et aval), la finance, WWF, construisent avec de gros moyens un label avec un moins-disant &#233;cologique et social (esclavage, pesticides) ; cette strat&#233;gie sur l'huile de palme (Roundtable Sustainable Palm Oil) s'est impos&#233;e aussi sur la p&#234;che, le sucre, etc. Les r&#233;sultats sont in fine souvent repris dans la r&#233;glementation publique (le march&#233; europ&#233;en n'accepte que l'huile de palme durable) ;&lt;br&gt; &#8226; inertie et grande timidit&#233; de la recherche scientifique, ce sont plut&#244;t les think tanks priv&#233;s qui produisent des sc&#233;narios solides de sortie de l'agro-industrie (Solagro, Iddri, le Basic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle place pour les acteurs alternatifs ? Le rapport de force n'est pas favorable, quelles alliances construire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;bat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recherche publique&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La recherche publique fran&#231;aise en agronomie s'est construite pour accompagner la modernisation de l'agriculture. La recherche a un rythme tr&#232;s lent, elle change tr&#232;s lentement (tout r&#233;cent, le repr&#233;sentant de la Conf &#224; l'INRA) et elle est sous tutelle du minist&#232;re de l'agriculture outre celui de la recherche. Des travaux comme les miens ne sont pas possibles &#224; l'Inrae (ou en tous cas n'ont pas &#233;t&#233; possibles du tout pendant tr&#232;s longtemps ; &#231;a commence tout juste &#224; changer), seulement au CNRS. La recherche publique n'est pas distincte des int&#233;r&#234;ts industriels, ne serait-ce que par ses financements. Elle a &#233;t&#233; privatis&#233;e &#224; plein de niveaux (th&#232;mes fix&#233;s non plus par les chercheurs mais par les agences qui distribuent les budgets). Et une part importante de la recherche est priv&#233;e et s'attache &#224; produire de l'ignorance. Exemple de la controverse sur la mortalit&#233; des abeilles, qui montre des causes environnementales (pesticides) : la production d'&#233;tudes inutiles financ&#233;es par l'industrie noie dans les m&#233;ta-&#233;tudes les &#233;tudes pertinentes. Le minist&#232;re a peur de la profession, l'Inrae est tr&#232;s hi&#233;rarchis&#233; pour ob&#233;ir au minist&#232;re. M&#234;me si individuellement des chercheurs arrivent &#224; mener des programmes int&#233;ressants (m&#233;ta-programme agri bio qui ne repr&#233;sente rien devant le budget de l'INRA et encore moins devant le budget R&amp;D de l'industrie). Ce sont les raisons de leur forte inertie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les journalistes se sont saisis des questions agricoles, pourtant complexes. Mais des contre-feux sont allum&#233;s partout. M&#234;me sur France Culture, des &#233;normit&#233;s sont dites qui reprennent la rh&#233;torique de la profession par les intellectuels qui la servent (Sylvie Brunel, etc.). Des nouveaut&#233;s n&#233;anmoins au sein de la profession ces derni&#232;res ann&#233;es ; il y a des choses int&#233;ressantes : les rencontres de l'agriculture du vivant, port&#233;es par un cuisinier hipster avec l'aide de l'industrie, avec de tr&#232;s gros budgets, ont donn&#233; &#224; voir des exemples tr&#232;s divers (BASF et traction animale agro&#233;cologique paysanne diversifi&#233;e) et des d&#233;bats semblent de fait possibles dans ce cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agriculture sans p&#233;trole&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les rendements vont baisser, les r&#233;gimes alimentaires vont changer. Il faudra plus de monde en agriculture. Le sujet est complexe, les pesticides et les engrais sont des facteurs-cl&#233; de verrouillage absolu et fondamental ; on ne peut rien changer sans en sortir massivement. Quel travail de p&#233;dagogie faire pour que les liens soient compris ? &lt;br&gt;
Comment faire en sorte que les porteurs de la critique soient plus efficaces ? Peut &#234;tre penser &#224; des structures de r&#233;flexion communes, qui permettraient &#224; tou&#183;tes de moins perdre de temps et de plus partager leurs r&#233;flexion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rences et &#339;uvres mentionn&#233;es dans le d&#233;bat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#200;ve Fouilleux et Aur&#233;lien Berlan, &#171; Agriculture durable. Comment la nocivit&#233; de l'agriculture industrielle est-elle dissimul&#233;e ? &#187; dans &lt;i&gt;Greenwashing. Manuel pour d&#233;polluer le d&#233;bat public&lt;/i&gt;, Aur&#233;lien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teuli&#232;res (dir.), Le Seuil, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fouilleux &#200;ve, Michel Laura, (dir.) 2020, &lt;i&gt;Quand l'Alimentation se fait Politique(s)&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes, 290 pages (dont article de P. Mayance sur l'agriculture raisonn&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fouilleux &#200;ve, 2020, &#171; Quand les acteurs priv&#233;s s'emparent de la r&#233;gulation politique. ONG et industriels dans la globalisation &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Jacques Commaille et Bruno Jobert, &lt;i&gt;Les M&#233;tamorphoses de la r&#233;gulation politique&lt;/i&gt;, LGDJ, p. 201-235.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eve Fouilleux, 2003, &lt;i&gt;La PAC et ses r&#233;formes. Une politique &#224; l'&#233;preuve de la globalisation&lt;/i&gt;, L'Harmattan, Paris, 385 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention d'&#200;ve en mai 2022, &lt;a href=&#034;http://www.mars-asso.fr/pourquoi-on-ny-arrive-pas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les blocages institutionnels aux changements de politiques agricoles &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Benamouzig et Joan Cortinas Mu&#241;oz, &lt;i&gt;Des lobbys au menu. Les entreprises agro-alimentaires contre la sant&#233; publique&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport FNH-le Basic, &lt;a href=&#034;https://www.fnh.org/reduction-des-pesticides-en-france-pourquoi-un-tel-echec/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;duction des pesticides en France : pourquoi un tel &#233;chec ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Foucart, &lt;i&gt;Et le monde devint silencieux. Comment l'agrochimie a d&#233;truit les insectes&lt;/i&gt;, Le Seuil, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Rd5VSgSyaVc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La m&#233;canique de l'ignorance &#187;&lt;/a&gt;, interview de S. Foucart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de la Cour des comptes sur &lt;a href=&#034;https://capeye.fr/wp-content/uploads/2017/12/SR_GREENING_FR1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le verdissement de la PAC&lt;/a&gt; (2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de France Nature Environnement sur &lt;a href=&#034;https://ged.fne.asso.fr/silverpeas/LinkFile/Key/29df809e-6189-4651-b3d5-d958e2225bea/Rapport%20FNE%20-%20PAC%202015-2020%20-%20du%20verdissement%20au%20greenwashing.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le verdissement de la PAC&lt;/a&gt; (2016)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Observations sur les technologies agricoles</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/Observations-sur-les-technologies-agricoles-118</link>
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		<dc:creator>Aude</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Atelier paysan est initialement une coop&#233;rative de construction de mat&#233;riel agricole par innovation ascendante qui forme les paysan&#183;nes au travail du m&#233;tal et &#224; la lecture des plans permettant de fabriquer ses machines. Les technologies sont &#171; appropri&#233;es &#187; &#224; double titre : elles r&#233;pondent aux besoins des personnes, qui savent comment elles sont con&#231;ues et qui en ont donc une ma&#238;trise, une appropriation technique compl&#232;te. Mais cette alternative ne suffit pas pour changer le paysage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L150xH137/arton8788_4_-bf8f9.jpg?1772553265' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Atelier paysan est initialement une coop&#233;rative de construction de mat&#233;riel agricole par innovation ascendante qui forme les paysan&#183;nes au travail du m&#233;tal et &#224; la lecture des plans permettant de fabriquer ses machines. Les technologies sont &#171; appropri&#233;es &#187; &#224; double titre : elles r&#233;pondent aux besoins des personnes, qui savent comment elles sont con&#231;ues et qui en ont donc une ma&#238;trise, une appropriation technique compl&#232;te. Mais cette alternative ne suffit pas pour changer le paysage agricole, c'est la raison pour laquelle la coop&#233;rative a investi d'autres champs d'action : Polma, un programme de recherche participative sur la machine agricole, puis la r&#233;daction collective de deux ouvrages, &lt;a href=&#034;https://www.agricultures-alternatives.org/Reprendre-la-terre-aux-machines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Reprendre la terre aux machines&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un essai publi&#233; au Seuil en 2021, et un rapport qui en d&#233;plie les analyses, &lt;a href=&#034;https://latelierpaysan.org/IMG/pdf/livre_observations_sur_les_technologies_agricoles_atelier_paysan_2021.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Observations sur les technologies agricoles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Thomas Borrell, charg&#233; de mission scientifique de l'Atelier paysan et coordinateur de ce second ouvrage, a pr&#233;sent&#233; cette d&#233;marche lors de notre cycle de rencontres le 12 septembre 2022.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment documenter la trajectoire machinique de l'agriculture fran&#231;aise ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La saign&#233;e du nombre de paysan&#183;nes depuis des d&#233;cennies est un fait bien connu mais que l'Atelier paysan met ici en lumi&#232;re en allant chercher et en reconstituant de longues s&#233;ries de chiffres, des ann&#233;es 1860 jusqu'aux recensements effectu&#233;s par le minist&#232;re tous les dix ans. La s&#233;rie la plus connue qui est exploit&#233;e dans le rapport est le RICA (R&#233;seau d'informations comptables agricoles), qui compile chaque ann&#233;e des donn&#233;es techniques et &#233;conomiques sur un &#233;chantillon de 7 000 fermes, entre deux recensements agricoles. Ces donn&#233;es offrent un tableau pr&#233;cis de l'&#233;volution de l'agriculture fran&#231;aise de 1988 jusqu'en 2018. En comptant exploitant&#183;es et salari&#233;&#183;es, le nombre d'hectares travaill&#233; par humain (&#233;quivalent temps plein) est pass&#233; de 25 &#224; 45 ha&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le RICA ne prend en compte que le travail r&#233;mun&#233;r&#233;. Le recensement, lui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur cette p&#233;riode, gr&#226;ce au mat&#233;riel. Mais il y a tr&#232;s peu d'informations sur l'&#233;volution du parc machinique. La puissance publique a renonc&#233; &#224; collecter des donn&#233;es sur ce sujet, comme c'&#233;tait le cas au d&#233;but de la machine. Cette question est d&#233;sormais d&#233;l&#233;gu&#233;e de fait au secteur priv&#233;, le seul &#224; avoir des donn&#233;es pr&#233;cises dessus. Les sources sont donc indirectes et vari&#233;es, par exemple des publications scientifiques des ann&#233;es 1970 aux ann&#233;es 2000 citant des donn&#233;es officielles aujourd'hui indisponibles. En mettant bout &#224; bout diff&#233;rentes s&#233;ries, il est possible d'obtenir une tendance de long terme. C'est ainsi que l'on observe que le nombre de tracteurs augmente jusque dans les ann&#233;es 1980 puis stagne alors, peut-&#234;tre car il n'y a plus assez d'humains pour les conduire. Mais la puissance cumul&#233;e continue d'augmenter, de 1 GW en 1946 &#224; 71 GW en 2005, ce qui serait l'&#233;quivalent du parc nucl&#233;aire fran&#231;ais si tous les tracteurs tournaient en m&#234;me temps. La puissance par actif agricole explose.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'augmentation du co&#251;t machine et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Calcul&#233; &#224; partir des donn&#233;es du RICA, le &#171; co&#251;t machine &#187; est constitu&#233; de la dotation aux investissements, l'entretien et la r&#233;paration, les carburants et lubrifiants, les travaux par tiers (CUMA, entrepreneurs de travaux agricoles). Ce co&#251;t passe de 15 K&#8364; en 1988 &#224; 35 K&#8364; en 2018 (en euros constants 2018) par travailleur/se agricole, pendant que le co&#251;t du travail reste globalement stable. Le co&#251;t machine (avant subventions) par unit&#233; de main d'&#339;uvre a &#233;t&#233; multipli&#233; par 2,5. Le co&#251;t du b&#226;timent est ce qui augmente le plus, presque par trois. &lt;br&gt;
Qu'en est-il du co&#251;t par surface ? Ce co&#251;t aurait d&#251; baisser r&#233;guli&#232;rement, rendant compte d'&#233;conomies d'&#233;chelle, et le revenu paysan cro&#238;tre. Or, depuis 1995 le co&#251;t par unit&#233; de surface a augment&#233; (+ 30 %) et le revenu courant avant imp&#244;ts par hectare a diminu&#233; (- 35 %). Les machines ont donc co&#251;t&#233; de plus en plus cher et n'ont pas produit, au global, d'&#233;conomie d'&#233;chelle, faisant plonger le revenu par hectare. La valeur ajout&#233;e a &#233;chapp&#233; aux paysan&#183;nes, au profit notamment des constructeurs de machines. &lt;br&gt;
Une autre cons&#233;quence est la fin de l'autonomie &#233;nerg&#233;tique, qui a baiss&#233; pendant que l'efficacit&#233; de la traction augmentait. En passant de la traction animale &#224; la motorisation, l'agriculture recourt &#224; des &#233;nergies fossiles plut&#244;t que sur la photosynth&#232;se &#224; la base de l'alimentation des animaux de trait. Les deux courbes se croisent entre 1940 et 1970. L'&#233;nergie est d&#233;sormais import&#233;e dans les fermes (comme elle est import&#233;e en France). Les postes les plus importants &#233;taient autrefois l'alimentation des humains et des animaux de trait. Aujourd'hui les engrais de synth&#232;se et le carburant les remplacent : on est pass&#233; d'une &#233;nergie renouvelable &#224; une &#233;nergie fossile et finie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.pole-inpact.fr/IMG/png/p.51_fig_23_evolution_de_differents_couts_des_subventionsd_exploitation_etdu_rcai_par_unite_desurface_en_base_100.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L500xH342/p.51_fig_23_evolution_de_differents_couts_des_subventionsd_exploitation_etdu_rcai_par_unite_desurface_en_base_100-8b97f.png?1772553265' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin organis&#233;e des paysan&#183;nes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rapport revient dans l'une de ses parties sur l'histoire des politiques publiques : plan Monnet (Premier plan quinquennal), plan Marshall, nouveaux plans qui se succ&#232;dent (France Relance, grand plan d'investissement, etc.). La r&#233;duction du nombre de paysan&#183;nes, qui &#233;tait assum&#233;e du temps du plan Mansholt (1968), n'est plus &#233;voqu&#233;e aujourd'hui bien que la logique reste la m&#234;me. Au contraire, il est question d'une m&#233;canisation qui rend le m&#233;tier attractif et encourage l'installation, &#224; rebours de ces observations sur le revenu agricole. Pendant que la r&#233;mun&#233;ration (production moins charges) s'est amenuis&#233;e, le volume de dettes a depuis 1988 doubl&#233; par paysan&#183;ne, chacun&#183;e &#233;tant d&#233;sormais propri&#233;taire d'un &#171; portefeuille de dettes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles suites ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Atelier paysan pourrait poursuivre ce travail d'exploitation du RICA en affinant par fili&#232;re ou par zone g&#233;ographique, mais compte dans un premier temps s'int&#233;resser au triple lien entre pesticides et technologies agricoles. Les pesticides sont des technologies qui se sont impos&#233;es au d&#233;triment d'autres savoir-faire techniques ; le d&#233;veloppement machinique et de la chimie de synth&#232;se sont all&#233;s de pair ; et aujourd'hui, ironiquement, l'agriculture robotique-num&#233;rique-g&#233;n&#233;tique se justifie en proposant d'att&#233;nuer l'usage des pesticides. Il faut produire ces connaissances mais aussi les faire conna&#238;tre et le P&#244;le InPact pourrait contribuer &#224; leur diffusion aupr&#232;s des publics agricoles et non-agricoles, pour lutter contre des fausses &#233;vidences pr&#233;sentes tant au niveau acad&#233;mique que politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latelierpaysan.org/NOUVELLE-PUBLICATION-Observations-sur-les-technologies-agricoles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En savoir plus.&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.latelierpaysan.org/spip.php?page=pdfdon&amp;id_document=8581&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;l&#233;charger le rapport.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le RICA ne prend en compte que le travail r&#233;mun&#233;r&#233;. Le recensement, lui, compte le travail b&#233;n&#233;vole qui peut &#234;tre effectu&#233; par des retrait&#233;&#183;es. M&#234;me les s&#233;ries contemporaines sont parfois difficiles &#224; harmoniser.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Remettre en perspective la place de l'&#233;nergie</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/La-place-de-l-energie</link>
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		<dc:date>2022-08-23T12:56:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec Freddy Le Saux, le 14 septembre 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Freddy Le Saux est administrateur d'InPact et ancien pr&#233;sident de Terre de liens.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Freddy Le Saux, le 14 septembre 2021&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freddy Le Saux est administrateur d'InPact et ancien pr&#233;sident de Terre de liens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_165 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.pole-inpact.fr/IMG/pdf/la_souverainete_alimentaire_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773048167' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Remettre en perspective la place de l'&#233;nergie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Freddy Le Saux
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'agriculture dans le capitalisme contemporain</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/L-agriculture-dans-le-capitalisme-contemporain</link>
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		<dc:date>2022-08-23T12:10:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec Matthieu Ansaloni, le 30 novembre 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les exploitations agricoles fran&#231;aise ne cessent de s'agrandir. Matthieu Ansaloni et Andy Smith, dans leur ouvrage L'Expropriation de l'agriculture fran&#231;aise, vont chercher l'explication de cette tendance dans le rapport &#233;troit entre agriculture et capitalisme, analysant les m&#233;canismes et les acteurs de cette transformation. L'accumulation du capital &#233;conomique par une minorit&#233; et l'expropriation de la majorit&#233; &#233;claircissent les rangs des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/l-expropriation-de-l-agriculture-francaise-pouvoirs-et-politiques-dans-le-capitalisme-contemporain-7f402.jpg?1772553265' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Matthieu Ansaloni, le 30 novembre 2021&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exploitations agricoles fran&#231;aise ne cessent de s'agrandir. Matthieu Ansaloni et Andy Smith, dans leur ouvrage &lt;a href=&#034;https://editions-croquant.org/sociologie/735-l-expropriation-de-l-agriculture-francaise-pouvoirs-et-politiques-dans-le-capitalisme-contemporain.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Expropriation de l'agriculture fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, vont chercher l'explication de cette tendance dans le rapport &#233;troit entre agriculture et capitalisme, analysant les m&#233;canismes et les acteurs de cette transformation. L'accumulation du capital &#233;conomique par une minorit&#233; et l'expropriation de la majorit&#233; &#233;claircissent les rangs des agriculteurs, groupe social tr&#232;s in&#233;galitaire dont les membres les moins bien capitalis&#233;s sont menac&#233;s de disparition. Ce mouvement est port&#233; par le syndicalisme agricole dominant, les entreprises alimentaires mais aussi la haute fonction publique, les cabinets minist&#233;riels et les partis politiques. En comprenant mieux ce que les auteurs appellent &#171; l'expropriation de l'agriculture &#187;, nous nous mettrons en capacit&#233; de mieux lutter contre elle. La rencontre &#233;tait anim&#233;e par Fabrice Bugnot de &lt;a href=&#034;https://www.transrural-initiatives.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Transrural Initiatives&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de l'intervenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu Ansaloni est post-doctorant &#224; l'INRAE de Toulouse et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique de Sciences-po Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheur pendant de nombreuses ann&#233;es, travaille aujourd'hui pour le service de remplacement du Lot-et-Garonne avant de s'installer. Ancien stagiaire au P&#244;le InPact de Bretagne et salari&#233; agricole dans une ferme en bovins. Livre r&#233;dig&#233; avec un chercheur bordelais, Andy Smith.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tr&#233;cissement du mod&#232;le agricole fran&#231;ais. Travail scientifique qui tient &#224; la sociologie (de Pierre Bourdieu), l'&#233;conomie (de la r&#233;gulation) et la science politique. Constat : des exploitations de plus en plus grandes, une concentration du capital &#233;conomique. Quels sont les m&#233;canismes de cette accumulation et quels en sont les agents ? Travail engag&#233; &#233;galement, dans le choix des sujets. Il vient objectiver certaines des prises de positions du r&#233;seau InPact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'endettement des exploitations ne cesse de cro&#238;tre. Accumulation et expropriation sont les deux faces de la m&#233;daille : beaucoup d'agri sont d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs moyens d'agir, politiquement et &#233;conomiquement. Les champs agricole, administratif, &#233;conomique (commerce) sont &#233;tudi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette dynamique d'accumulation a sa source dans le mod&#232;le agricole dit fordiste choisi en France : l'agriculteur est producteur sp&#233;cialis&#233; de mati&#232;res premi&#232;res standardis&#233;es. La d&#233;pendance aux entreprises de n&#233;goce a &#233;t&#233; accru, elles-m&#234;mes &#233;tant toujours plus grandes et suite au d&#233;mant&#232;lement de la r&#233;gulation des prix dans les ann&#233;es 1990. Les aides de la Pac sont en outre allou&#233;es en fonction du capital &#233;conomique (+ grande la surface ou le cheptel, + importantes les aides).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les acteurs ? Des agents dans le monde agricole, dans le monde politique et dans l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire du livre&lt;br&gt;
1-Mod&#232;le de d&#233;veloppement agricole d'apr&#232;s guerre :&lt;br&gt; Une histoire de la modernisation de l'agriculture au prisme de l'accumulation du capital&lt;br&gt;
2-R&#233;gime d'accumulation contemporain :&lt;br&gt; Transformation des rapports de commercialisation suite &#224; la lib&#233;ralisation des prix&lt;br&gt; Contribution de l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; la lib&#233;ralisation : des prix, de la structuration des n&#233;gociants, etc.&lt;br&gt; R&#233;sultat, une d&#233;pendance accrue aux n&#233;gociants, la valeur &#233;chappe aux agri et est capt&#233;e par les n&#233;gociants (dont coop&#233;ratives), exploitation du travail agricole (les prix commencent &#224; &#234;tre inf&#233;rieurs aux co&#251;ts de production)&lt;br&gt; Modes de commercialisation alternatifs (AOP, circuits courts) qui restent sous la domination des rapports dominants (ex des prix qui sont les m&#234;mes) et l&#233;gitiment le mod&#232;le classique&lt;br&gt;
3-Allocation des aides publiques :&lt;br&gt; Aides au revenu, &#224; l'installation&lt;br&gt; Les aides directes de la Pac deviennent d&#233;terminantes dans le revenu agricole (100 % du r&#233;sultat &#233;conomique). Politique de prix bas&lt;br&gt; Distribution in&#233;gale des cr&#233;dits publics en agriculture. &#171; Le capital g&#233;n&#232;re le capital &#187; (Marx)&lt;br&gt; Gouvernements PS dans les ann&#233;es 1980 mais politiques publiques qui accompagnent la croissance des in&#233;galit&#233;s, r&#233;compensent les agri qui ont des pratiques techniques int&#233;ressantes mais savent capter les terres de leurs voisins. Quelle l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique pour une telle situation ?&lt;br&gt;
4-Qui sont les acteurs, leurs ressources, leurs parcours ?&lt;br&gt; Dirigeant&#183;es FNSEA, fonctionnaires issus des grands corps agricoles&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont leurs ressources ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation du d&#233;classement du monde agricole au profit d'une &#233;lite &#233;conomique (Pacte politique 2025 avec Coop de France, FNSEA et Ania qui justifie cela par la perte de comp&#233;titivit&#233; et la trop faible taille des exploitations fran&#231;aises).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porosit&#233; des fronti&#232;res entre administration et agriculteurs. L'&#201;tat a tendance a d&#233;l&#233;guer la d&#233;finition des politique &#224; certains int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports de force sont en France sont d&#233;terminants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DGPE (politiques &#233;conomiques) au minist&#232;re, g&#232;re les budgets Pac. 80 % d'hommes, issus de l'Igref, certains se retrouvent dans les offices agricoles (France AgriMer, etc.) puis parfois dans le priv&#233;. &#201;tude de parcours de hauts fonctionnaires et des offices agricoles (&#233;tablissements publics avec pouvoir r&#233;glementaire, confi&#233;s &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi tirer de cette d&#233;monstration ? Quoi pr&#233;coniser pour faire advenir une autre agriculture, avec des travailleurs/ses &#233;panouies et nombreux, qui offre une alimentation de qualit&#233; en respectant le milieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander le d&#233;mant&#232;lement des mesures qui g&#233;n&#232;rent accumulation et exploitation (aide, installation, prix).&lt;br&gt;
Revendiquer des prix d'achat &#224; la hausse r&#233;gul&#233;s par l'&#201;tat (prix minimum d'entr&#233;e, prix r&#233;gul&#233;s).&lt;br class='autobr' /&gt;
Paiements allou&#233;s par travailleurs.&lt;br&gt;
Politique d'installation inclusive, sans crit&#232;res DJA (d&#233;faut de reconnaissance de l'exp&#233;rience).&lt;br&gt;
Re-territorialisation de la production agricole : inciter &#224; la prod pour conso locale, par exemple &#224; travers les politiques d'installation.&lt;br&gt;
R&#233;vision de la politique d'enseignement agricole et diffusion d'une agriculture plus &#233;conome, plus autonome, moins sp&#233;cialis&#233;e (casser la s&#233;paration entre prod v&#233;g&#233;tale ou animale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment obtenir de telles avanc&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prolongement des revendications d'organisations historiques (Paysans travailleurs).&lt;br&gt;
On voit qui fait la politique agricole et pour qui. Changer les r&#232;gles &#233;lectorales en chambres d'agri, proposer l'ouverture de nouveaux coll&#232;ges, demander la proportionnelle, d&#233;truire la l&#233;gitimit&#233; du mod&#232;le agricole (faible efficacit&#233; &#233;conomique en comparaison avec d'autres pays, co&#251;ts sociaux et environnementaux &#233;lev&#233;s), refuser le monopole de repr&#233;sentativit&#233; des dirigeants.&lt;br&gt;
Militantisme de terrain, ce que l'Atelier paysan appelle l'&#233;ducation populaire.&lt;br&gt;
Nouer des alliances au-del&#224; du monde agricole (c'est le cas d'InPact) pour ouvrir des d&#233;bats publics (normal que nos imp&#244;ts subventionnent les exportations de Lactalis vers la Chine ?) et attirer &#224; nous d'autres soutiens.&lt;br&gt;
Action directe (&#224; la mode situationniste) sur le fonctionnement du monde agricole et les budgets publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Anim&#233; par Fabrice Bugnot, &lt;i&gt;Transrural Initiatives&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabrice : Originalit&#233; de l'approche sur les acteurs de ces politiques. Peux-tu citer des exemples et en quoi ces personnes sont peu repr&#233;sentatives des agri ?&lt;br&gt;
Matthieu : On a contact&#233; la FNSEA pour avoir la composition de leurs CA depuis les ann&#233;es 1970. Pas de r&#233;ponse, on n'a travaill&#233; sur sur les bureaux, donn&#233;es publiques. Au sommet de la FNSEA, un personnel tr&#232;s stable, qui vient des organismes sp&#233;cialis&#233;s (FNB, c&#233;r&#233;aliers, etc.). Exemple de Philippe Pinta ou de Xavier Belin, pr&#233;sident de la f&#233;d&#233; des ol&#233;agineux et d'une entreprise de n&#233;goce, ne tire pas son succ&#232;s de sa position agricole mais &#224; la p&#233;riph&#233;rie (n&#233;goce). Int&#233;r&#234;t aussi pour la place des cultivateurs (c&#233;r&#233;ales), non par leur nombre mais par leurs ressources (transferts financiers des grandes cultures vers l'&#233;levage).&lt;br&gt;
&#201;tude des cabinets des ministres. &#192; droite, des juristes, administrateurs, qui suivent les hommes politiques pendant toute leur carri&#232;re. A gauche, des fonctionnaires plus techniques (agronomes), jusqu'&#224; la mandature de Le Foll des enseignants et des chercheurs &#233;galement. Depuis, tr&#232;s technocratique. Mais tous reproduisent le rapport de forces existant. &#192; droite, cajolent la manne &#233;lectorale des agri. &#192; gauche, tr&#232;s techno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu : Ma m&#233;thodologie, des travaux d'enqu&#234;te men&#233;s s&#233;par&#233;ment sur la PAC, les AOC, les mesures environnementales, etc. Sur le r&#233;gime d'accumulation, utilisation de donn&#233;es statistiques &#171; dures &#187; et production de donn&#233;es prosopographiques (m&#233;thode historique d'&#233;tude de portraits singuliers pris en masse pour d&#233;gager des tendances). Des m&#233;thodes classiques, qui ne font pas d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu : La politique agricole fran&#231;aise est au service de l'aval. Une solution : que les cr&#233;dits publics servent &#224; transformer l'offre agricole et que les aides servent &#224; favoriser une alimentation de qualit&#233;. La prod alimentation classiques (produits agri sp&#233;cialis&#233;s) ne tient que par les aides publiques. On a les moyens de demander un changement d'agriculture. Andy Smith a travaill&#233; sur les politiques europ&#233;ennes. Les r&#233;formes du d&#233;but des ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; impuls&#233;es par la France, par des classes sociales dominantes fran&#231;aises. Mais on la retrouve dans d'autres pays d'Europe. M&#234;me s'il n'y a pas de fatalit&#233; : deux fois plus d'agri en Italie, avec des fermes de taille deux fois plus petites. La Hollande a au contraire un syst&#232;me tr&#232;s concentr&#233; qui sert de mod&#232;le. C'est un choix de soci&#233;t&#233; &#224; faire entre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu : L'&#201;tat fran&#231;ais n'a jamais fait de z&#232;le dans la redistribution des budgets europ&#233;ens. Le Foll a tent&#233; de le faire mais cela a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par une mauvaise r&#233;colte. En 1992, la Commission europ&#233;enne avait propos&#233; des crit&#232;res sociaux pour les aides mais le minist&#232;re fran&#231;ais avait refus&#233;. Les in&#233;galit&#233;s de distribution des aides sont reproduites de r&#233;forme en r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabrice : Le plan strat&#233;gique national fran&#231;ais de la PAC montre que les &#201;tats ont la main sur des budgets (&#233;co-r&#233;gimes) mais la France pousse au niveau europ&#233;en contre une PAC redistributive.&lt;br&gt;
Matthieu : Pour rendre l'agriculture fran&#231;aise plus &#171; comp&#233;titive &#187; comme cela est clam&#233; et la concentrer, il faut concentrer les aides. Par exemple : une DJA pour deux installations. Les crit&#232;res ne changent pas car ils contribuent au statu quo. M&#234;me si des collectivit&#233;s territoriales demandent cette r&#233;vision. Les r&#232;gles europ&#233;ennes permettraient une PAC un peu plus redistributives mais ce acteurs en France ont &#224; c&#339;ur de les concentrer. La France ne souhaite pas aider &#224; installer autant d'agri. Je souhaite m'installer en Bretagne mais je ne peux y b&#233;n&#233;ficier d'aucune aide. Ce n'est pas un hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu : Les conseils r&#233;gionaux ont vu leurs pr&#233;rogatives augmenter et elles ont des politiques plus favorables &#224; nos id&#233;es. Certains succ&#232;s ont &#233;t&#233; obtenus avec eux. Ils peuvent &#234;tre de bons partenaires quand le travail de plaidoyer est de qualit&#233; (ce qui est le cas des travaux d'InPact). Les arguments de l'emploi, de la protection de l'environnement sont convaincants. Il faut aller dans ce sens-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu : On pourrait r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres mod&#232;les &#233;conomiques, se demander comment &#233;taient approvisionn&#233;es les villes avant la concentration de l'industrie alimentaire. Ou le mod&#232;le des fruiti&#232;res. Cr&#233;er des coop&#233;ratives avec des outils de transformation approvisionn&#233;s par quelques agri. Regrouper des moyens de production. Il y a un effort d'imagination &#224; faire.&lt;br&gt;
Je crois en l'action locale et associative. Il y a des luttes qui ont abouti, qui produisent des r&#233;sultats positifs. M&#234;me si &#231;a demande de l'&#233;nergie, il faut lutter sur deux fronts, le plaidoyer politique et l'action associative qui exploite les marges de man&#339;uvre disponibles. Je suis admiratif de ces combats men&#233;s. Il y a quelques aides acquises, gr&#226;ce &#224; des pionniers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/Pour-une-Securite-sociale-de-l-alimentation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pole-inpact.fr/Pour-une-Securite-sociale-de-l-alimentation</guid>
		<dc:date>2022-08-23T11:57:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec Mathieu Dalmais, le 10 janvier 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de l'intervenant &lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu travaille en ce moment pour InPact national sur l'acc&#232;s &#224; l'alimentation pour aider les groupes (structures nationales et locales) &#224; prendre en main ces enjeux. Il contribue notamment &#224; notre lettre d'info qui parle prioritairement d'acc&#232;s &#224; l'alimentation. Il est b&#233;n&#233;vole &#224; la S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation (SSA) apr&#232;s avoir &#233;t&#233; salari&#233; sur ces questions pour la Fadear et la Conf'. &lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention &lt;br class='autobr' /&gt;
La SSA (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L150xH95/capture_d_ecran_2024-03-26_111754-71305.png?1772553265' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Mathieu Dalmais, le 10 janvier 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de l'intervenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu travaille en ce moment pour InPact national sur l'acc&#232;s &#224; l'alimentation pour aider les groupes (structures nationales et locales) &#224; prendre en main ces enjeux. Il contribue notamment &#224; notre lettre d'info qui parle prioritairement d'acc&#232;s &#224; l'alimentation. Il est b&#233;n&#233;vole &#224; la S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation (SSA) apr&#232;s avoir &#233;t&#233; salari&#233; sur ces questions pour la Fadear et la Conf'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SSA n'est pas une finalit&#233; en soi mais en lien avec les questions agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un outil pour porter une d&#233;mocratie alimentaire devant deux constats :&lt;br&gt; -un syst&#232;me agricole bloqu&#233; dans le productivisme et&lt;br&gt; -le non-respect du droit &#224; l'alimentation (acc&#232;s digne &#224; une alimentation choisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SSA est un travail collectif de r&#233;flexion sur la d&#233;mocratisation de l'alimentation et de l'agriculture. Le projet est pos&#233; dans l'espace public pour cr&#233;er le d&#233;bat et militer pour le droit &#224; l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blocage du syst&#232;me alimentaire :&lt;br&gt; -902 &#8364; de salaire m&#233;dian pour les agri et probl&#232;mes de qualit&#233; de travail et de r&#233;mun&#233;ration&lt;br&gt; -des inqui&#233;tudes sur le changement climatique, la sant&#233; des agri et des consommateurs&#183;rices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les consommateurs&#183;rices sont surresponsabilis&#233;&#183;es par un &#201;tat qui ne souhaite pas mettre en place une agriculture correspondant &#224; la demande sociale. Les d&#233;bats publics ne servent pas &#224; faire &#233;voluer sensiblement les politiques agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre choix est tr&#232;s limit&#233; par l'offre d&#233;j&#224; l&#224; alors que les outils pour orienter l'agriculture sont ailleurs (ex : Safer). Nous refusons aussi cette id&#233;e car ce serait un vote censitaire, avec 40 % de personnes qui ne choisissent par leur alimentation, d&#233;pendant d'autres d&#233;penses contraintes (loyer, d&#233;penses valoris&#233;es socialement et qui permettent de faire partie de la soci&#233;t&#233; ou de se faire un peu plaisir). Le r&#233;sultat est une dualisation des mod&#232;les agricoles : une agriculture industrielle qui se vante de donner &#224; manger &#224; tou&#183;tes et une agriculture alternative plus ch&#232;re qui est une niche prise d'assaut par nombre de nouveaux acteurs (start-up circuit court, bio industriel), en concurrence avec les paysan&#183;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a besoin de changer de politiques agricoles pour en adopter de plus durables et pour cela il faut les coupler aux politiques alimentaires (sinon le march&#233; s'organisera pour r&#233;pondre aux demandes par flux d'importations et d'exportations). La production doit r&#233;pondre &#224; la demande, et la demande alimentaire se faire en connaissance de cause de ce qu'il est possible de produire localement. Tout le monde a acc&#232;s et tout le monde d&#233;cide, c'est la d&#233;mocratisation alimentaire (contre le march&#233; qui s'organise autour de prix moins-disant et de demande solvables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de d&#233;mocratie alimentaire a &#233;t&#233; travaill&#233; par des chercheurs&#183;ses comme Dominique Paturel. Le droit &#224; l'alimentation est apparu dans la d&#233;claration des Nations unies en 1948 puis en 1966 par un autre texte. Les premi&#232;res d&#233;finitions parlent d'&#233;chapper &#224; la faim. On en est encore l&#224; en France avec l'aide alimentaire : remplir les ventres. Mais le droit &#224; l'alimentation est autre chose et r&#233;pond &#224; d'autres besoins que physiologiques : &#171; acc&#232;s digne &#224; une alimentation choisie &#187; pour r&#233;sumer les crit&#232;res culturels et les choix individuels. Ce droit est adopt&#233; en 2001 internationalement, la France l'a ratifi&#233; mais son aide alimentaire n'est qu'une d&#233;fiscalisation de la surproduction agricole industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aide alimentaire est un pis-aller pour les personnes qui y sont contraintes ou s'engagent par solidarit&#233; mais il nous faut lutter en amont contre les causes de cette situation : les pauvres n'ont pas &#224; &#234;tre la variable d'ajustement contre le gaspillage alimentaire, ce qui est profond&#233;ment indigne. M&#234;me si les associations font des efforts pour am&#233;liorer l'aide alimentaire de base, elle reste de faible qualit&#233;. 5,5 millions de Fran&#231;ais&#183;es &#233;taient contraint&#183;es &#224; l'aide alimentaire avant le Covid mais depuis lors 7 ou 8 selon les chiffres (22 % des foyers en 2017 selon l'Anses). La loi Garot contre le gaspillage a donn&#233; un ch&#232;que en blanc aux fili&#232;res gaspilleuses, qui d&#233;fiscalisent leur surproduction. C'est l'&#233;quivalent d'un rachat public de cette surproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;dicte Bonzi parle &#224; ce sujet de violences alimentaires dans le non-respect du droit &#224; l'alimentation qui appara&#238;t dans l'aide alimentaire. Cette anthropologue a d&#233;crit aux Restos du c&#339;ur la surresponsabilisation des personnes (coupables de leur ob&#233;sit&#233;, mauvaise sant&#233;) alors qu'elles sont de fait mal nourries par les aliments qu'on leur impose et m&#234;me les b&#233;n&#233;voles en souffrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau Civam, en lan&#231;ant le &lt;a href=&#034;https://www.civam.org/experimenter-sur-les-fermes/pour-une-alimentation-de-qualite-et-durable-accessible-a-tous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;projet Accessible&lt;/a&gt;, a souhait&#233; s'adresser au probl&#232;me plus en amont : interdiction de la surproduction (quotas) et acc&#232;s de tou&#183;tes &#224; une alimentation choisie. On retrouve les deux enjeux, agricole et alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SSA propose d'instituer une d&#233;mocratie alimentaire avec un dispositif particulier. D'autres dispositifs ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s comme celui de service public de l'alimentation ou d'alimentation gratuite : l'&#201;tat devient le seul acheteur mais quid de l'autonomie des agriculteurs&#183;rices, de la d&#233;mocratisation de l'alimentation (qui pourrait ne toujours pas r&#233;pondre &#224; notre demande). Il y a aussi l'id&#233;e d'augmenter le revenu des gens (revenu universel, augmentation du Smic). Mais la SSA est un autre type d'augmentation de facto des revenus. Le budget est sanctuaris&#233; sur l'alimentation :&lt;br&gt; -pour &#233;viter la r&#233;cup&#233;ration de ces augmentations (&#233;viter les aides pour le logement r&#233;cup&#233;r&#233;es dans les loyers) et &lt;br&gt; -pour en faire une question collective et non individuelle, &lt;br&gt; -pour orienter la production agricole et qu'elle r&#233;ponde &#224; la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau Salariat (Bernard Friot) a apport&#233; l'id&#233;e de s'inspirer de la S&#233;curit&#233; sociale de 1946 &#224; 1967 : c'est un exemple de contr&#244;le d&#233;mocratique de la production de soins. C'est une d&#233;marche pragmatique fond&#233;e sur trois piliers qui a r&#233;ussi &#224; &#233;quiper la France en offre de soins, pour am&#233;liorer la sant&#233; (trente ans d'esp&#233;rance de vie) avec de l'argent socialis&#233; pris sur les salaires, de chacun&#183;e selon ses moyens, &#224; chacun&#183;e selon ses besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois piliers :&lt;br&gt; -universalit&#233; : 150 &#8364; par personne, pas que les pauvres, pour acheter des produits conventionn&#233;s&lt;br&gt; -financ&#233;e par cotisation sociale : c'est une augmentation des revenus les plus faibles (la S&#233;curit&#233; sociale a &#233;t&#233; ind&#233;pendante de l'&#201;tat, son d&#233;tricotage a mis soixante-dix ans), cela emp&#234;che &#224; la source la production des in&#233;galit&#233;s,&lt;br&gt; -conventionnement : des caisses locales de conventionnement posent des crit&#232;res sociaux et environnementaux et orientent la production, tirage au sort des personnes ou s&#233;lection du type CESE (personnalit&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile), &#233;ducation populaire autour des enjeux alimentaires et agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;bat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : Contre cette politique de l'offre segment&#233;e (selon la qualit&#233;, entre autres), on fait une politique de la demande. C'est une opposition franche, comment aborder une guerre entre les deux mod&#232;les ? Les citoyen&#183;nes s'organisent : Amap, supermarch&#233; coop&#233;ratif. Mais il faut taper plus fort et cr&#233;er de nouveaux march&#233;s. La pub serait remplac&#233;e par l'&#233;ducation populaire. Et cela pousserait &#224; la transformation du monde agricole par structuration de la demande. Le monde agricole est hyper r&#233;actif. Cr&#233;er des march&#233;s r&#233;mun&#233;rateurs l'orienterait, cela permettrait la sortie du syst&#232;me indus et l'entr&#233;e de nouveaux paysan&#183;nes. Le tout soutenu par les citoyen&#183;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : L'id&#233;e que les membres d'un groupe de conventionnement local orientent leurs choix vers des produits industriels et ultra-transform&#233;s fait peur mais de ce qu'on sait des attentes des plus pauvres et ce &#224; quoi m&#232;ne une r&#233;flexion de qualit&#233; (ex de la Convention citoyenne sur le climat), on a des raisons de croire que les produits de qualit&#233;, locaux ou non, seront privil&#233;gi&#233;s. On peut aussi s'asseoir sur des expert&#183;es mais c'est technocratique, peu d&#233;mocratique et soumis aux logiques d'&#201;tat, comme la SS de sant&#233;. La durabilit&#233; du syst&#232;me est assur&#233;e par l'organisation d&#233;mocratique du conventionnement. Avoir du pouvoir cr&#233;e de l'&#233;ducation, fait monter en comp&#233;tences plus que s'appuyer sur un groupe de personnes &#171; &#233;clair&#233;es &#187;. Les avanc&#233;es &#233;cologiques ne fonctionnent pas si elles ne sont pas accept&#233;es socialement, c'est une dimension importante de la durabilit&#233;. L'expertise a sa place mais au service d'un choix d&#233;mocratique. M&#233;langer une s&#233;lection de type CESE avec des personnes tir&#233;es au sort peut &#233;quilibrer le dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : Probablement que ce mode d'agriculture demandera 7 millions de paysan&#183;nes. L'attrait pour un m&#233;tier tient &#224; sa reconnaissance sociale et &#233;conomique (ex des m&#233;decins longtemps d&#233;valoris&#233;s en Chine). Si cela change, on aura plus de vocations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : En montagne, la production est extensive mais les zones peu peupl&#233;es. Les productions peuvent s'harmoniser entre r&#233;gions pour que tout le monde ait acc&#232;s &#224; des hu&#238;tres et du comt&#233; et que ces productions soient r&#233;parties, y compris par des quotas. C'est un travail d&#233;mocratique local, proche de la population, mais on ne mangera pas que local. Ce qui est conventionn&#233; peut venir d'ailleurs, y compris le caf&#233; et les bananes, sur les m&#234;mes principes de transformation agricole. Les circuits courts ne peuvent pas &#234;tre une privatisation des produits les plus vertueux par certains groupes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : Il est int&#233;ressant d'imaginer comment on peut s'organiser autrement. &#199;a ne peut fonctionner que si on y r&#233;fl&#233;chit. On grignote tous les jours de l'autonomie dans nos pratiques, il faut pousser la logique plus loin sans attendre le grand soir. Avec 150 &#8364; mensuels, on socialise la moiti&#233; de la production fran&#231;aise, sans interdire le reste. Chacun&#183;e continue &#224; manger comme il ou elle l'entend mais on pourra socialiser toujours plus. C'est compatible avec le capitalisme mais non r&#233;cup&#233;rable (pas de capital r&#233;mun&#233;r&#233;), on met &#231;a &#224; l'abri de la grande distribution et des banques. Tous nos outils peuvent entrer dans ce cadre (voir les fermes TdL). Le r&#233;gime de S&#233;curit&#233; sociale de 1948 &#224; 1959, m&#234;me d&#233;tricot&#233;, assure encore au XXIe si&#232;cle un des meilleurs syst&#232;mes de sant&#233; au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : La question des alternatives et du changement social est pour tout le monde. Je peux d&#233;j&#224; y r&#233;pondre en tant qu'animateur d'InPact. Exemple d'une formation InPact 37 en octobre avec gros travail de l'Adear qui avait beaucoup mobilis&#233; avec d'autres personnes (nos r&#233;seaux et le public d'un centre social).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude, membre du collectif SSA : On doit accepter de parler de son impuissance en public, m&#234;me si ce n'est pas facile, pour y changer quelque chose. La S&#233;cu est arriv&#233;e &#224; un moment inattendu. Pour qu'un rapport de force s'installe, nous devons proposer des choses aussi fortes que &#231;a, pas des petites alternatives. Des propositions de grande ampleur. Tout le monde a envie de manger comme nous, &#224; quelques exceptions pr&#232;s. On doit laisser s'exprimer le d&#233;sir de cette alimentation, plus saine et moins motoris&#233;e. Pour y r&#233;pondre, il faudra installer plusieurs millions de paysan&#183;nes pour que ce ne soit pas le bagne. Sinon les paysan&#183;nes mourront en route de travailler 70 heures par semaine, comme mes coll&#232;gues pionnier&#183;es. Derri&#232;re, il faut une soci&#233;t&#233; de paysan&#183;nes, 8 millions de personnes &#224; produire ! C'est un gros changement, des petites surfaces, l'auto-alimentation. On doit avoir ce projet pr&#232;s pour quand le rapport de force changera. Et &#231;a, ce n'est pas nos petits r&#233;seaux qui le feront. Pour qu'il y ait insurrection il faut, avant, un mouvement social. C'est sans doute &#224; cette &#233;mergence que nous devons nous consacrer. La SSA est un levain pour un tel mouvement. Il faut travailler dans les centres sociaux, c'est extraordinaire, de rencontrer les gens de classe populaire ! Quand on se fait confiance et qu'on arr&#234;te de se regarder le nombril, on reprend espoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu : Ravi d'apprendre que TdL s'int&#233;resse &#224; la SSA, apr&#232;s R&#233;seau Civam, l'Atelier paysan et le Miramap. Peut-&#234;tre InPact en tant que tel ? On travaille &#224; un manifeste au sein d'InPact national, suite &#224; une formation en septembre nous avons d&#233;cid&#233; de nous positionner politiquement sur l'alimentation et la transformation de notre syst&#232;me agricole. Il y a de la place dans le groupe de travail sur l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; va l'argent des pauvres&lt;/i&gt; ? de Denis Colombi. Sortir de notre regard sur la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand la mis&#232;re chasse la pauvret&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Puissance des pauvres&lt;/i&gt; de Madjid Rahnema et Jean Robert&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Celle qui nous colle aux bottes&lt;/i&gt; de Marine de Francqueville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Terre et Libert&#233;&lt;/i&gt; d'Aur&#233;lien Berlan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour sortir &#171; fonci&#232;rement &#187; l'agriculture fran&#231;aise du capitalisme</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/Pour-sortir-foncierement-l-agriculture-francaise-du-capitalisme</link>
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		<dc:date>2022-08-23T11:38:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aude</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cultiver les communs. Pour sortir &#171; fonci&#232;rement &#187; l'agriculture fran&#231;aise du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Tanguy Constant Martin, le 6 juin 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de l'intervenant Agronome, je milite depuis plus de quinze ans dans l'association de solidarit&#233; internationale et de technocritique Ing&#233;nieur&#183;es sans fronti&#232;re et son groupe Agricultures et souverainet&#233; alimentaire (Agrista). Dans ce cadre, je participe activement au collectif pour une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation ou encore &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cultiver les communs. Pour sortir &#171; fonci&#232;rement &#187; l'agriculture fran&#231;aise du capitalisme&lt;br&gt;
Avec Tanguy Constant Martin, le 6 juin 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de l'intervenant &lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Agronome, je milite depuis plus de quinze ans dans l'association de solidarit&#233; internationale et de technocritique Ing&#233;nieur&#183;es sans fronti&#232;re et son groupe Agricultures et souverainet&#233; alimentaire (Agrista). Dans ce cadre, je participe activement au collectif pour une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation ou encore &#224; la Plateforme pour une autre PAC. Par ailleurs, je travaille dans l'accompagnement &#224; l'acc&#232;s au foncier agricole dans l'ouest de la France depuis plus de dix ans (d'abord pour la Safer Poitou-Charentes, puis pour Terre de Liens Pays de la Loire). Ces activit&#233;s militantes et professionnelles me conduisent aussi &#224; mener des actions de plaidoyer sur la terre, l'agro&#233;cologie et l'alimentation durable aux niveaux r&#233;gional, national et europ&#233;en. J'interviens le 6 juin pour InPact &#224; titre personnel. Mes propos ne refl&#233;teront pas forc&#233;ment les positions politiques de mes employeurs successifs, ni des collectifs au sein desquels je milite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#232;se d&#233;fendue&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
De nombreuses exp&#233;riences sociales de propri&#233;t&#233; collective dessinent ce que pourrait &#234;tre la gestion en &#171; commun &#187; des terres en France, le plus loin possible des logiques mortif&#232;res du capitalisme. Pour enthousiasmante et r&#233;ussies que soient ces initiatives, elles restent incapables seules de provoquer le changement syst&#233;mique qu'elles ambitionnent. Pour cela, il faudrait les adosser &#224; une transformation des institutions et des droits (formels et informels) de l'acc&#232;s &#224; l'usage des terres, voire de la relation des humains &#224; la terre. Heureusement, sous l'influence de luttes paysannes, le droit rural fran&#231;ais a d&#233;velopp&#233; des m&#233;canismes non-marchands d'allocation des terres. Bien qu'ils soient plut&#244;t m&#233;connus, ils pourraient &#234;tre les pr&#233;mices d'une d&#233;mocratie fonci&#232;re agricole &#233;mancipatrice et f&#233;conde pour sortir l'agriculture fran&#231;aise de la sph&#232;re du capitalisme et plus g&#233;n&#233;ralement penser la sortie du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intervention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction - Consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales sur la d&#233;mocratie, le capitalisme et le march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que le capitalisme et la d&#233;mocratie seraient consubstantiels est &#224; d&#233;construire. En effet, que ce soit dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral ou plus particuli&#232;rement dans les collectifs de travail, la d&#233;cision par la d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique est sans cesse mise en d&#233;faut par le march&#233; et l'imp&#233;ratif de profits. D'ailleurs, l'&#201;tat fran&#231;ais suppos&#233;ment d&#233;mocratique, comme beaucoup d'autres, privil&#233;gie r&#233;guli&#232;rement cet imp&#233;ratif de profit et sert ainsi les int&#233;r&#234;ts des capitalistes. M&#234;me dans des activit&#233;s hors de la sph&#232;re directe du profit, dans les secteurs public ou associatif &#224; but non lucratif, les m&#233;thodes de gestion capitaliste s'imposent de plus en plus.&lt;br&gt;
Pour pouvoir comprendre le fonctionnement d'un march&#233; foncier en r&#233;gime capitaliste, il faut d'abord faire la distinction entre march&#233;, marchandisation et capitalisme. Ces cat&#233;gories ne sont pas r&#233;ductibles les unes aux autres. Le march&#233; n'est qu'un des modes de coordination des activit&#233;s humaines possible. En soi, il n'est pas probl&#233;matique. Il le devient dans le capitalisme qui tend &#224; l'imposer comme mode unique de coordinations des activit&#233;s et &#224; marchandiser tous les biens et services existants, notamment la force de travail et plus g&#233;n&#233;ralement le vivant. Penser une sortie du capitalisme n&#233;cessite de penser le bon p&#233;rim&#232;tre des march&#233;s et de les soumettre &#224; la d&#233;lib&#233;ration collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Les enjeux et r&#233;gimes fonciers agricoles &#224; l'heure du n&#233;o-lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre relation &#224; la terre d&#233;termine comment nous mangeons et vivons, ce qui devrait nous inciter tou&#183;tes &#224; nous int&#233;resser cette relation, c'est-&#224;-dire aux questions fonci&#232;res. C'est d'autant plus vrai que la terre a jou&#233; un r&#244;le central dans l'&#233;mergence du paradigme &#233;conomique actuel du capitalisme, et joue un r&#244;le tout aussi important dans sa perp&#233;tuation et son d&#233;veloppement. Le foncier agricole est int&#233;gr&#233; &#224; la logique capitaliste par son accaparement, sa marchandisation, sa financiarisation et la simplification de ses usages. Cette int&#233;gration permet l'extraction de profit tout &#224; la fois par la rente fonci&#232;re, par la plus-value vol&#233;e au travail paysan et par les destructions des &#233;cosyst&#232;mes. Ainsi, cette extension de la sph&#232;re capitaliste aux terres vient d&#233;truire de nombreuses fonctions sociales humaines et &#233;cosyst&#233;miques, ainsi que restreindre drastiquement l'exercice possible des droits humains et de la nature. Comme dans d'autres secteurs, le capitalisme d&#233;ploie sur les terres agricoles les oppressions et destruction qui lui sont consubstantielles.&lt;br&gt;
Logiquement la terre, et l'acc&#232;s &#224; son usage, se retrouvent &#234;tre un objet de luttes pour l'&#233;mancipation humaine et la pr&#233;servation de la plan&#232;te. Plusieurs pistes de r&#233;sistance d&#233;coulent directement de ces constats. Premi&#232;rement, on peut envisager de d&#233;mocratiser le gouvernement du foncier. Pour cela il faudrait r&#233;-encastrer la question fonci&#232;re agricole dans les sph&#232;res sociales et environnementales. Cela passerait n&#233;cessairement par l'annulation la rente fonci&#232;re ainsi que la &#171; d&#233;financiarisation &#187; et &#171; d&#233;marchandisation &#187; de la terre. Deuxi&#232;mement, il faudrait multiplier les usages et complexifier les pratiques agricoles s'opposant &#224; l'abstraction capitaliste, par exemple via l'agro&#233;cologie qui permet de limiter la m&#233;canisation et la &#171; chimisation &#187; de l'agriculture. &lt;br&gt;Troisi&#232;mement, on doit chercher &#224; annuler l'extraction de plus-value du travail paysan et plus g&#233;n&#233;ralement mettre fin aux multiples oppressions capitalistes inflig&#233;es aux paysan&#183;nes sur les terres, par exemple par la r&#233;organisation de la production agricole selon des modalit&#233;s coop&#233;ratives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela revient &#224; vouloir faire de la terre un commun. C'est-&#224;-dire une ressource dont la pr&#233;servation, et celle des fonctions sociales ou &#233;cosyst&#233;miques qui y sont associ&#233;es, sont pos&#233;es comme principe absolu. Les r&#232;gles d'acc&#232;s et d'usage du commun sont d&#233;finies au sein d'une communaut&#233; responsable. L'usager&#183;e du commun est li&#233;&#183;e aux autres usager&#183;es par la coproduction des r&#232;gles d'usage, ce que Pierre Dardot et Christian Laval appellent la &#171; coobligation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Dardot et Christian Laval (2014), Commun. Essai sur la r&#233;volution au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci am&#232;ne &#224; changer radicalement l'institution de la propri&#233;t&#233; qui ne peut plus &#234;tre bas&#233;e sur le fait de disposer de la chose et de pouvoir la d&#233;truire &lt;i&gt;(abusus)&lt;/i&gt;, mais sur ses usages.&lt;br&gt;
Se doter de r&#233;gimes juridiques formels ou informels et de syst&#232;mes &#233;conomiques non-capitalistes est une n&#233;cessit&#233; pour pr&#233;server les droits humains et les &#233;cosyst&#232;mes li&#233;s &#224; la terre. Cette id&#233;e, loin d'&#234;tre seulement th&#233;orique, est port&#233;e partout dans le monde en s'appuyant sur des formes historiquement pr&#233;alables ou parall&#232;les au capitalisme, ou sur des innovations, qu'elles soient &#224; vis&#233;e volontairement anticapitaliste ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ Entre propri&#233;t&#233; absolue et r&#233;gulation, le foncier agricole fran&#231;ais de Charybe en Scylla&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre est une affaire s&#233;rieuse et passionnelle en France. Son caract&#232;re absolu, ou du moins per&#231;u comme tel depuis la R&#233;volution de 1789, fonde une position sociale particuli&#232;re des propri&#233;taires fonciers qui ancre profond&#233;ment les terres fran&#231;aises dans le capitalisme.&lt;br&gt;
&#192; la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu'&#224; la fin du XXe si&#232;cle, le r&#233;gime foncier s'appliquant aux terres agricoles a desserr&#233; l'emprise des propri&#233;taires sur les paysan&#183;nes. Cela s'est accompagn&#233; d'une restriction drastique de la rente fonci&#232;re agricole et du d&#233;veloppement de m&#233;canismes non-marchands d'allocation des terres. Ces m&#233;canismes n'ont pas pour autant r&#233;alis&#233; une vraie d&#233;mocratie fonci&#232;re, car ils rel&#232;vent souvent du corporatisme. Cette s&#233;quence politique fonci&#232;re a aussi limit&#233; la hausse des prix des terres. Si ces derniers ont fortement vari&#233; dans le temps et selon les territoires, ils restent en tr&#232;s grande partie moins &#233;lev&#233;s en France que chez nos voisin&#183;es europ&#233;en&#183;nes. Cela a permis de limiter l'endettement des paysan&#183;nes, m&#234;me si ce dernier reste tr&#232;s important, pour financer la ma&#238;trise d'autres facteurs de production telle la m&#233;canisation, ou postes de d&#233;penses personnelles comme le logement.&lt;br&gt;
Cependant, ce r&#233;gime foncier limitatif de la propri&#233;t&#233; capitaliste a &#233;t&#233; mis au service de la modernisation agricole et de son corollaire, la prol&#233;tarisation des paysan&#183;nes. Il a fond&#233; un r&#233;gime d'exclusion fonci&#232;re massive des paysan&#183;nes et des &#234;tres vivants les moins &#224; m&#234;me de nourrir la plus-value capitaliste. Les politiques europ&#233;ennes ont accompagn&#233; et renforc&#233; ce mouvement, tout en permettant avec les aides publiques proportionnelles aux surfaces au d&#233;but des ann&#233;es 2000 de r&#233;inventer une rente fonci&#232;re administrative. Ce r&#233;gime foncier et ces politiques agricoles ont donc men&#233; &#224; une fantastique concentration des terres entre les mains d'un nombre de plus en plus faible d'acteurs. De plus, ces derniers sont aussi de plus en plus &#233;loign&#233;s de l'activit&#233; agricole et adoptent donc des logiques qui ne font parfois m&#234;me plus semblant de chercher &#224; nourrir les humains ou &#224; reproduire la fertilit&#233; des sols. Les r&#233;gulations excluantes de 1960 et 1962 sont m&#234;me parfois devenues des freins &#224; la lib&#233;ralisation et &#224; la financiarisation de l'agriculture et du foncier agricole. Ces r&#233;gulations sont donc aujourd'hui attaqu&#233;es par une partie des tenants de la nouvelle modernisation de l'agriculture (financi&#232;re et &#171; digitale &#187;) et d&#233;fendues, faute de mieux, par les tenants de l'agriculture paysanne.&lt;br&gt;
La logique capitaliste et marchande ne s'est pas pour autant impos&#233;e partout dans l'agriculture. Les r&#233;gulations fonci&#232;res ne sont pas contourn&#233;es que dans des processus d'extension du capitalisme agricole, mais aussi dans des processus corporatistes, ou encore citoyens. D'ailleurs, l'instauration de la modernit&#233; agricole a aussi suscit&#233; de nombreuses r&#233;sistances, ce qui a forc&#233; &#224; des am&#233;nagements du r&#233;gime foncier ou &#224; des pratiques conduisant vers plus de justice, sans pour autant inverser la tendance. Nous verrons dans les parties suivantes que le caract&#232;re incomplet et ambigu de la transition capitaliste du r&#233;gime foncier fran&#231;ais est une opportunit&#233; pour sa subversion anticapitaliste. Ces r&#233;sistances ont &#233;t&#233; au fur et &#224; mesure renforc&#233;es par l'int&#233;r&#234;t croissant de la soci&#233;t&#233; civile et des mouvements sociaux envers l'alimentation, l'agriculture et l'environnement. Ainsi, certaines luttes fonci&#232;res sont aujourd'hui cog&#233;r&#233;es, voir int&#233;gralement g&#233;r&#233;es, par des non-professionnel&#183;les de l'agriculture.&lt;br&gt;
Ces reconfigurations des luttes fonci&#232;res am&#232;nent &#224; imaginer de nouvelles strat&#233;gies pragmatiques sans attendre le grand soir, mais assez radicales pour r&#233;pondre aux enjeux d&#233;taill&#233;s ci-dessus. Pour pr&#233;ciser ce que pourraient &#234;tre ces strat&#233;gies, la partie suivante aborde les initiatives qui tendent &#224; faire de la terre et de sa propri&#233;t&#233; des questions collectives et d&#233;mocratiques en France m&#233;tropolitaine aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3/ La propri&#233;t&#233; collective priv&#233;e ou publique peut-elle sortir le foncier du capitalisme en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le rapport de force politique actuel exclut temporairement la possibilit&#233; d'un changement radical du droit foncier, de nombreuses initiatives exp&#233;rimentent des formes de gestion originales s'&#233;loignant des modalit&#233;s d'action capitalistes. De nombreuses initiatives concr&#232;tes fleurissent aujourd'hui en France m&#233;tropolitaine, la plus connue &#233;tant &#224; ce jour Terre de Liens. Nous pouvons r&#233;capituler quelques options strat&#233;giques explor&#233;es par ces initiatives.&lt;br&gt;
La voie de la &#171; nationalisation &#187; ou d'une &#171; communalisation &#187; publique d'une partie substantielle des terres agricoles est parfois mise en avant, mais n'est envisag&#233;e s&#233;rieusement par aucun acteur public. Cette option devrait donc faire l'objet d'un travail de conviction ou de prise de pouvoir, au moins dans les collectivit&#233;s territoriales, pour devenir substantielle. Malheureusement, la tendance est plut&#244;t &#224; la vente des rares terres communales et sectionnales, pourtant les plus proches que l'on connaisse d'une gestion en commun en France. De plus, l'id&#233;e de faire des terres un bien public permettant leur gestion en commun n&#233;cessiterait une r&#233;novation de fond en comble de la d&#233;mocratie formelle en France. Ni l'&#201;tat, ni les collectivit&#233;s territoriales ne sont dot&#233;es aujourd'hui des outils ni des savoir-faire pour mettre en &#339;uvre une d&#233;mocratie fonci&#232;re agricole. N&#233;anmoins, certains exemples de gestion dites &#171; participatives &#187; mis en &#339;uvre par des collectivit&#233;s territoriales peuvent laisser penser que ce n'est pas une fatalit&#233;.&lt;br&gt;
Beaucoup d'acteur&#183;rices se sont tourn&#233;&#183;es depuis plus de vingt ans vers une option strat&#233;gique de rachat priv&#233; collectif des terres, souvent avec la b&#233;n&#233;diction des pouvoirs publics. Pour enthousiasmantes que soient ces exp&#233;riences, leurs moyens humains et &#233;conomiques ne leur permettent d'&#234;tre que des exp&#233;riences. En plus d'apporter des solutions ponctuelles, mais concr&#232;tes, &#224; des probl&#232;mes sur des territoires, ces exp&#233;riences participent &#224; rendre d&#233;sirable l'id&#233;e d'une gestion en commun du foncier agricole dans l'inconscient collectif. Enfin, elles permettent de dessiner les d&#233;fis que devra relever toute tentative de faire de la terre un commun, du moins en France. Il para&#238;t donc int&#233;ressant d'investir et de faire vivre ces initiatives de portage foncier solidaire, tout en &#233;tant lucides sur leurs limites. Une grande partie de ces initiatives se construisent sur une propri&#233;t&#233; soci&#233;taire de la terre. Des acteur&#183;rices aux vis&#233;es radicalement oppos&#233;es, que l'on peut nommer rapidement tenant&#183;es d'une agriculture capitaliste de firme, recourent aux m&#234;mes formes sociales. Il faut donc veiller &#224; ce que toute mesure visant &#224; favoriser les initiatives solidaires et non lucratives ne soit pas un cheval de Troie pour favoriser cette agriculture de firme.&lt;br&gt;
Il ne faut pas opposer les strat&#233;gies de propri&#233;t&#233; publique et de portage foncier agricole solidaire. Dans de nombreux cas, elles s'articulent au gr&#233; des opportunit&#233;s. Ainsi, la mise en &#339;uvre du projet alimentaire territorial de la commune de l'&#206;le d'Yeu a abouti &#224; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative de portage foncier collectif solidaire. On peut aussi mentionner l'acquisition de terres &#224; Aubagne conjointement entre la fonci&#232;re Terre de Liens et la communaut&#233; de communes, sur des terres r&#233;cup&#233;r&#233;es suite &#224; une lutte contre l'implantation d'un parking de grande surface et gr&#226;ce &#224; une pr&#233;emption en r&#233;vision de prix par la Safer. La moiti&#233; des terres et un b&#226;timent ont &#233;t&#233; achet&#233;s par la collectivit&#233; et l'autre moiti&#233; par la fonci&#232;re. Le tout a &#233;t&#233; lou&#233; &#224; un couple de mara&#238;cher&#183;es pratiquant l'agriculture biologique. Enfin, certain&#183;es fermier&#183;es de structures de portage solidaire, notamment en &#233;levage de montagne, b&#233;n&#233;ficient aussi de location de pr&#233;s communaux ou sectionnaux.&lt;br&gt;
Il semble malheureusement qu'il n'y ait pas aujourd'hui de programme politique clair et partag&#233; pour d&#233;passer ces deux options de collectivisation du foncier (publique ou priv&#233;e non lucrative) pour &#233;tendre la sph&#232;re du commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4/ &#171; Communiser &#187; les usages pour effacer la propri&#233;t&#233; capitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente de montrer dans la troisi&#232;me partie qu'il est impossible d'esp&#233;rer d&#233;passer les probl&#232;mes inh&#233;rents &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re uniquement en passant par l'appropriation collective priv&#233;e ou publique. Bien s&#251;r, cette derni&#232;re reste une voie int&#233;ressante et peut servir d'appui &#224; d'autres strat&#233;gies interrogeant plus radicalement la question de la propri&#233;t&#233; absolue et la n&#233;cessit&#233; de ne plus avoir &#224; rendre de comptes &#224; des apporteur&#183;ses de capitaux, fussent-ils les mieux intentionn&#233;&#183;es du monde.&lt;br&gt;
En cela les r&#233;gulations fonci&#232;res des ann&#233;es 1960 et 1962 portent en elles les germes d'une allocation des usages des terres par un march&#233; non-lucratif des baux agricoles cog&#233;r&#233; entre l'&#201;tat et la repr&#233;sentation syndicale agricole. Cette perspective int&#233;ressante ne doit pas faire oublier que ces m&#233;canismes non-capitalistes ont &#233;t&#233; des alli&#233;s puissants du capitalisme dans la mise en &#339;uvre de la modernisation agricole en France. Il y a donc loin des r&#233;gulations fonci&#232;res agricoles fran&#231;aises en 2021 &#224; l'institution de la terre agricole comme commun que nous pouvons appeler de nos v&#339;ux. La refondation du contr&#244;le de l'usage des terres devra donc se donner des boussoles anticapitalistes. Il semble que la recherche de la d&#233;mocratie, de la multiplication et de la complexification des usages, ainsi que de l'annulation de la rente fonci&#232;re et de l'endettement paysan peuvent &#234;tre quelques points cardinaux &#224; envisager.&lt;br&gt;
Les exp&#233;riences de portage foncier solidaire seront ici riches d'enseignements pratiques, mais aussi techniques. L'aventure commune n&#233;cessitera en effet d'articuler et de gouverner les usages humains et non-humains du foncier agricole, mais aussi de d&#233;cider le p&#233;rim&#232;tre s&#233;parant le foncier agricole du foncier non-agricole. Face aux conflits qui nous guettent sur ce chemin, les d&#233;marches paysag&#232;res seront aussi un des outils de notre r&#233;ussite.&lt;br&gt;
Creuser le sillon de la r&#233;gulation des usages de la terre en abandonnant sa propri&#233;t&#233;, du moins dans son sens moderne, en rase campagne ouvre une voie f&#233;conde. D'autant plus que cette voie est famili&#232;re &#224; la paysannerie fran&#231;aise depuis des d&#233;cennies sous la forme moderne de la politique dite du &#171; contr&#244;le des structures &#187;. Reste &#224; savoir comment r&#233;unir un bloc social assez large autour d'un r&#233;cit politique suffisamment unificateur pour parvenir &#224; l'entente d'une majorit&#233; de la paysannerie, et de ses g&#233;n&#233;rations futures, et d'une fraction importante de la soci&#233;t&#233; civile. Si le r&#233;cit des communs peut fournir un d&#233;but de r&#233;ponse, il ne se suffit pas &#224; lui-m&#234;me et d'autres pistes doivent &#234;tre approfondies. Le croisement des rapports humains &#224; l'alimentation carn&#233;e, &#224; l'&#233;levage et &#224; l'environnement pourrait en &#234;tre un &#233;l&#233;ment central, d'unit&#233; ou de division. Le r&#244;le &#224; donner &#224; l'&#201;tat ou au public et aux syndicats agricoles, dans leurs complexit&#233;s, sera un &#233;l&#233;ment tactique important, sans adopter une position na&#239;ve sur la capacit&#233; et la volont&#233; publique de soutenir le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut aussi admettre que le foncier agricole ne repr&#233;sente qu'une partie des espaces mat&#233;riels investis par les humains &#224; lib&#233;rer du capitalisme. La sortie &#171; fonci&#232;re &#187; de l'agriculture du capitalisme doit donc &#234;tre envisag&#233; en relation avec d'autres sorties du capitalisme et plus g&#233;n&#233;ralement des syst&#232;mes d'oppression qui traversent l'humanit&#233; et affectent le vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &#8211; L'aube strat&#233;gique de l'anticapitalisme foncier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du soin de la terre et des paysan&#183;nes est aujourd'hui &#224; l'agenda et appropri&#233;e par une partie de la population fran&#231;aise. Le succ&#232;s du film Au nom de la terre, sorti en 2019 et qui aborde frontalement le sujet du suicide paysan, en est un des exemples embl&#233;matiques. Par contre le sujet reste clairement &#224; politiser. La compr&#233;hension des m&#233;canismes &#224; l'&#339;uvre sur ces questions fonci&#232;res agricoles reste &#224; partager. Nous devons nous atteler &#224; r&#233;v&#233;ler l'importance du capitalisme dans les d&#233;sordres fonciers que nous d&#233;plorons et mobiliser la critique marxiste et les th&#233;ories des communs pour cela.&lt;br&gt;
Malgr&#233; l'air ent&#234;tant de l'Internationale, difficile d'imaginer &#171; faire du pass&#233; table rase &#187;. Il y a toujours lieu de chercher dans l'histoire sociale et politique les pr&#233;mices sur lesquels b&#226;tir nos &#233;mancipations de demain. Dans le cas du foncier agricole en France, les communaux, l'allocation de l'acc&#232;s &#224; l'usage de terres par un processus d&#233;lib&#233;ratif entre usager&#183;es ou encore les luttes d'occupation fonci&#232;res depuis le Larzac jusqu'au mouvement des ZAD nous offrent de quoi asseoir concr&#232;tement les fondations de notre anticapitalisme foncier. Mais cela ne sera pas suffisant, et il nous faut aussi d&#233;velopper un imaginaire radical pour transformer ces essais, ces utopies r&#233;elles comme les nomme le sociologue Erik Olin Whright&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erik Olin Whright (2017), Utopies r&#233;elles, La D&#233;couverte.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en des institutions d'un monde post-capitaliste.&lt;br&gt;
&#192; l'heure o&#249; la question strat&#233;gique de la sortie du capitalisme semble reprendre une certaine vigueur &#233;ditoriale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Postface d'Alain Jeanpierre &#224; Erik Olin Whright (2020), Strat&#233;gies (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la question fonci&#232;re agricole en France offre l'occasion d'un exercice pratique. Nous avons les outils pratiques et th&#233;oriques pour nous atteler &#224; la t&#226;che de faire de la terre un commun, en France et l'envisager ailleurs aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;lection d'articles sur le sujet dont je suis l'auteur ou le co-auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mod&#232;le agricole de la Macronie, ou le triomphe annonc&#233; de l'agribusiness &#187; (2021), revue en ligne &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/modele-agricole-macron-agribusiness/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Terre de Liens et SAFER, ensemble pour l'installation &#187; (2013), revue &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-pour-2013-4-page-193.htm?contenu=resume&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, vol. 220.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sortir de l'indigestion capitaliste &#187; (2019), revue en ligne &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/sortir-indigestion-capitaliste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mathieu Dalmais &#171; Les femmes rurales victimes d'un double accaparement des terres &#187; (2016), &lt;a href=&#034;https://blogs.alternatives-economiques.fr/isf/2018/11/30/les-femmes-rurales-victimes-d-un-double-accaparement-des-terres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog d'Ing&#233;nieurs sans fronti&#232;re sur le site d'&lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (publi&#233; pr&#233;c&#233;demment dans la revue &lt;i&gt;Altermondes&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-23-printemps-2020/dossier-la-planification-pour-la-transition-sociale-et-ecologique/article/le-marche-un-impense-paradoxal-de-la-gauche-de-transformation-sociale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le march&#233; et le capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.agriculture-strategies.eu/wp-content/uploads/2019/11/191127-R%C3%A9guler-les-march%C3%A9s-fonciers-agricoles-VFinale.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire politique et &#233;conomique de la r&#233;gulation fonci&#232;re agricole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://terredeliens.org/des-terres-en-commun.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des terres en commun : strat&#233;gies locales d'acc&#232;s &#224; la terre pour l'agriculture paysanne et l'agro&#233;cologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.accesstoland.eu/IMG/pdf/french_exeutive_summary_rootsofresilience_online.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une politique fonci&#232;re pour une transition agro&#233;cologique en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.terrestres.org/2021/07/29/la-modernisation-agricole-comme-prise-de-terre-par-le-capitalisme-industriel/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prises de terres par le capitalisme dans la modernisation agricole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fonciers-en-debat.com/la-politique-agricole-commune-pac-et-le-foncier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique agricole commune (PAC) et le foncier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-fonds-de-dotation-une-breche-dans-la-conception-francaise-de-la-propriete-prive&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Subversion des fonds de dotation pour collectiviser des terres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie s&#233;lective sur les strat&#233;gies anticapitalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des communs faits l'objet d'une production tr&#232;s importante depuis l'obtention du &#171; prix Nobel d'&#233;conomie &#187; par Elinor Ostrom. Sa d&#233;clinaison dans les mouvements altermondialistes est aussi l'objet d'une litt&#233;rature importante, y compris dans ses composantes marxistes. On pense aux travaux de Michael Hardt et Antonio Negri (&lt;i&gt;Empire&lt;/i&gt; en 2000, &lt;i&gt;Multitude&lt;/i&gt; en 2004 et &lt;i&gt;Commonwealth&lt;/i&gt; en 2009) et r&#233;cemment en France au &lt;i&gt;Commun. Essai sur la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; de Pierre Dardot et Christian Laval en 2014. Cependant, si l'id&#233;e que la terre devrait &#234;tre un (bien) commun semble partag&#233; dans de nombreux mouvement sociaux, la connaissance des m&#233;canismes fonciers n'est pas largement partag&#233;e. Il y a bien les travaux du g&#233;ographe David Harvey, mais qui restent le plus souvent centr&#233;es sur l'espace urbain ou sur des consid&#233;rations th&#233;oriques, passionnantes mais souvent tr&#232;s g&#233;n&#233;rales.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux ouvrages traitant des effets du capitalisme sur l'&#233;cologie et les crises environnementales (climat, biodiversit&#233;, etc.) comme &lt;i&gt;Pour sauver la plan&#232;te, sortez du capitalisme&lt;/i&gt; (2009) d'Herv&#233; Kempf. De nombreux penseurs marxistes s'attaquent m&#234;me frontalement &#224; la question environnementale. Chez les auteur&#183;es &#233;crivant en fran&#231;ais, on pense &#224; Jean-Marie Harribey dans &lt;i&gt;La Richesse, la valeur et l'inestimable. Fondements d'une critique socio-&#233;cologique de l'&#233;conomie capitaliste&lt;/i&gt; (2013) ou encore Michael L&#246;wy avec &lt;i&gt;&#201;cosocialisme&lt;/i&gt; (2013). La production &#233;ditoriale en anglais est aussi riche en la mati&#232;re, le plus connu des auteurs &#233;tant sans doute John Bellamy Foster et son &lt;i&gt;Marx's Ecology : Materialism and Nature&lt;/i&gt; (2000). On pense aussi &#224; Jason Moore, auteur de &lt;i&gt;Capitalism in the Web of Life : Ecology and the Accumulation of Capital&lt;/i&gt; (2015), et &#224; la controverse qu'il entretient avec Foster.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par contre moins d'ouvrages d'analyse critique sur les questions fonci&#232;res agricoles en France. On oscille entre deux p&#244;les : d'un c&#244;t&#233; les travaux de sociologie rurale comme &lt;i&gt;Le Foncier agricole dans une soci&#233;t&#233; urbaine, innovations et enjeux de justice&lt;/i&gt; (2020) codirig&#233; par Coline Perrin et Brigitte Nougar&#232;des ; et de l'autre les guides d'action et les compilations d'exp&#233;riences militantes port&#233;es par des coalitions associatives ou syndicales comme &lt;i&gt;Des terres en commun ! Strat&#233;gies locales d'acc&#232;s &#224; la terre pour l'agriculture paysanne et l'agro&#233;cologie&lt;/i&gt; (2020) publi&#233; par le mouvement Ny&#233;l&#233;ni Europe (&#224; la r&#233;daction duquel j'ai d'ailleurs particip&#233;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il existe un certain renouveau d'ouvrages sur les strat&#233;gies anticapitalistes, des &lt;i&gt;Adieux au capitalisme. Autonomie, soci&#233;t&#233; du bien vivre et multiplicit&#233; des mondes&lt;/i&gt; (2016) de J&#233;r&#244;me Baschet aux &lt;i&gt;Strat&#233;gies anticapitalistes pour le XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; (2020) d'Erik Olin Wright en passant par &lt;i&gt;Communisme et strat&#233;gie&lt;/i&gt; (2019) d'Isabelle Garo. Ces ouvrages restent tr&#232;s g&#233;n&#233;ralistes, et m&#233;ritent d'&#234;tre d&#233;clin&#233;s sur des sujets plus concrets, m&#234;me si le travail d'Erik Olin Wright s'appuie &#233;videmment sur des &#233;tudes de cas d&#233;taill&#233;es dans &lt;i&gt;Utopies r&#233;elles&lt;/i&gt; (2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Dardot et Christian Laval (2014), &lt;i&gt;Commun. Essai sur la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erik Olin Whright (2017), &lt;i&gt;Utopies r&#233;elles&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Postface d'Alain Jeanpierre &#224; Erik Olin Whright (2020), &lt;i&gt;Strat&#233;gies anticapitalistes pour le XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'agriculture carbone</title>
		<link>https://www.pole-inpact.fr/L-agriculture-carbone</link>
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		<dc:date>2022-08-18T10:38:54Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Avec H&#233;l&#232;ne Tordjman, le 14 mars 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de l'intervenante &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne Tordjman est &#233;conomiste, enseignante-chercheuse et membre de l'association Technologos. Autrice de La Croissance verte contre la nature (La D&#233;couverte, 2021), administratrice d'Inf'OGM, elle a identifi&#233; l'agriculture et le vivant comme les nouvelles fronti&#232;res du capitalisme vert. Elle d&#233;mystifie les fausses solutions &#224; la mode aujourd'hui pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;cologique. Le capitalisme r&#233;pond la question (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pole-inpact.fr/Cycle-de-rencontres-InPact" rel="directory"&gt;Cycle de rencontres InPact&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pole-inpact.fr/local/cache-vignettes/L150xH136/tordjman-carre-34858.jpg?1772553265' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='136' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec H&#233;l&#232;ne Tordjman, le 14 mars 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de l'intervenante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne Tordjman est &#233;conomiste, enseignante-chercheuse et membre de l'association &lt;a href=&#034;https://technologos.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technologos&lt;/a&gt;. Autrice de &lt;i&gt;La Croissance verte contre la nature&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2021), administratrice d'Inf'OGM, elle a identifi&#233; l'agriculture et le vivant comme les nouvelles fronti&#232;res du capitalisme vert. Elle d&#233;mystifie les fausses solutions &#224; la mode aujourd'hui pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;cologique. Le capitalisme r&#233;pond la question &#233;cologique en accroissant son emprise : fuite en avant vers de plus en plus de technologie et de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, pour prot&#233;ger la nature par l'incitation &#233;conomique plut&#244;t que par la contrainte, celle-ci est r&#233;duite &#224; des services &#233;cosyst&#233;miques recens&#233;s dans l'objectif de leur donner une valeur et de r&#233;mun&#233;rer les agents qui la prot&#232;gent. La pollinisation vaudrait ainsi 150 milliards d'euros par an, correspondant &#224; des calculs absurdes et contradictoires entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compensation est une approche compl&#233;mentaire, elle correspond &#224; une hi&#233;rarchie de l'att&#233;nuation des impacts &#233;cologiques dont les premiers &#233;l&#233;ments &#8211; &#171; &#233;viter et r&#233;duire &#187; &#8211; ont &#233;t&#233; oubli&#233;s. Cela suppose que ce qui est d&#233;truit ici peut &#234;tre restaur&#233; ou prot&#233;g&#233; ailleurs. Les &#233;missions &#171; nettes &#187; (dont on retranche la part compens&#233;e) permettent d'afficher des activit&#233;s &#171; neutres en carbone &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des co&#251;ts d'entr&#233;e &#233;lev&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restauration de cycles de carbone durables est l'une des mani&#232;res de compenser les activit&#233;s &#233;conomiques mise en &#339;uvre par l'Union europ&#233;enne. Les terres et les for&#234;ts absorbent du carbone, 225 millions de tonnes &#233;quivalent CO2 dans le monde. L'ambition est d'augmenter sa s&#233;questration dans les sols et la biomasse jusqu'&#224; 300 millions de tonnes et de r&#233;mun&#233;rer pour cela les agriculteurs et les forestiers par des cr&#233;dits &#224; &#233;changer sur un march&#233; des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Rien de tr&#232;s nouveau pour les for&#234;ts mais l'entr&#233;e de l'agriculture dans ces m&#233;canismes est r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses pratiques sont &#233;ligibles pour obtenir ces cr&#233;dits : agroforesterie, non-labour, remplacement des terres arables par des prairies, etc. Mais seuls les r&#233;sultats sont pris en consid&#233;ration, estim&#233;s par mod&#233;lisation avec des processus complexes, men&#233;s par des cabinets d'experts, ce qui justifie un co&#251;t d'entr&#233;e tr&#232;s &#233;lev&#233; (130 000 &#8364; pour la seule mise en place d'un projet). La plupart des agriculteur&#183;rices ne sont pas concern&#233;&#183;es par de tels projets, souvent des partenariats public-priv&#233;, qui sont de v&#233;ritables &#171; usines &#224; gaz &#187;, selon H&#233;l&#232;ne Tordjman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un march&#233; sp&#233;culatif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix du march&#233; pose d'autres probl&#232;mes. Il est soumis &#224; la sp&#233;culation et les prix sont tr&#232;s variables dans le temps et selon les pays, de 1 &#224; 100 &#8364; la tonne, sans visibilit&#233;. D'autre part, la permanence du carbone dans l'atmosph&#232;re (120 ans) est bien plus &#233;lev&#233;e que celle de ces projets men&#233;s &#224; cinq ou dix ans, sans garantie que le carbone s&#233;questr&#233; ne parte en fum&#233;e avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pratiques douteuses pour le climat (la remise en eau de tourbi&#232;res) ou non vertueuses sur d'autres aspects (la biodiversit&#233;) peuvent &#234;tre financ&#233;es par ces cr&#233;dits. De plus, si les marges de progression sont r&#233;mun&#233;r&#233;es, c'est une prime aux acteurs ayant men&#233; jusqu'ici les pires pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est probable que ces dispositifs encouragent l'accaparement des terres pour des usages non-alimentaires. C'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas avant leur valorisation carbone, avec les agrocarburants et la chimie verte, et cette tendance ne pourra qu'empirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour encourager une agriculture plus vertueuse sur le plan climatique, ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es des approches comme la promotion de l'agro&#233;cologie ou la r&#233;gulation de pratiques agricoles d&#233;favorables au milieu. Nouveau miroir aux alouettes, l'agriculture carbone ne constitue une r&#233;ponse ni aux enjeux &#233;cologiques envisag&#233;s globalement, ni aux besoins de r&#233;mun&#233;ration de la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour aller plus loin, la Coordination europ&#233;enne Via campesina publie &lt;a href=&#034;https://www.eurovia.org/fr/publication-de-ecvc/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en plusieurs langues&lt;/a&gt; ce &lt;a href=&#034;https://www.eurovia.org/wp-content/uploads/2022/03/ECVC-Carbon-farming-FRA-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;document r&#233;dig&#233; par H&#233;l&#232;ne Tordjman&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire aussi sur &lt;a href=&#034;https://www.transrural-initiatives.org/2022/07/lagriculture-carbone-nouveau-miroir-aux-alouettes-selon-helene-tordjman/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Transrural Initiatives&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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